Dimanche 25 septembre 2022 : Journée de rentrée paroissiale

installation Père Benoit-13

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Il y avait un homme riche et il y avait un homme pauvre.

Sacré Coeur de Bordeaux, 25 septembre 2022

Messe de la rentrée paroissiale

Il y avait un homme riche et il y avait un homme pauvre. Quelques uns diront: oh, mon père encore un évangile rouge selon „saint“ Marx, les méchants riches qui oppriment les pauvres victimes? Paroles de Jésus mélancholique insoumis ?

Non, pas du tout, loin de ça, loin de faire des catégories stéréotypiques avec leur étiquettes infaillibles.

Jésus dans sa parabole présente simplement une injustice de tous les temps dans nos sociétés humaines : la relation entre l’opulence et l’indigence, entre ceux qui se vautrent dans la boue du vice et de la débauche et ceux qui ne valent rien dans la société, les pauvres ou misérables, les nuls, les losers.

Le riche n’est pas condamnable à cause de ses richesses, ni même à cause des actes injustes, mais il se condamne lui-même à cause de son indifférence, à cause de sa passivité, à cause de ses péchés d’omission.

Dans la confession, on entend parfois : « Mon Père, je n’ai rien fait de mal. » Ah oui! mais as-tu fait quelque chose de bien ? peu importe que tu n’ais rien fait de mal. Pour un Chrétien, disciple de Jésus, cela devrait être la normalité. Mais je ne veux pas être indifférent à tout le bien que tu essaies de réaliser autour de toi. Saint Paul exhorte son fils spirituel, Timothée : empare-toi de la vie éternelle ! Mène le bon combat.

Déjà, le prophète Amos dans l’Ancien Testament, fustigeait ceux qui vivaient dans l’opulence, dans une sécurité apparente, sans soucis pour le bien commun de la nation au bord de la catastrophe, du peuple qui continue à danser au bord du volcan aux premiers signes de son éruption mortelle. A nouveau, ce n’est pas la richesse en soi qui est condamnable mais les tentations qui en découlent : l’avarice, l’aveuglement aux besoins de son prochain, devenir insensible, froid, dur devant la souffrance à sa porte, perdre la modération et tomber dans l’excès. Les riches aussi sont appelés à un style de vie en sobriété. La sobriété pas seulement énergétique, mais la sobriété de vie en général. Et ce n’est pas monsieur le président qui l’a évoquée en premier …

Hier encore, une étudiante ici à Bordeaux : « mon père, je ne mange qu’une seule fois par jour; en arrivant en France je n’avais pas d’argent pour manger plus et aujourd’hui mon système digestif ne s’est pas encore habitué à plus qu’un seul repas. »

Celui qui ne vaut rien aux yeux des hommes est précieux aux yeux du Seigneur. Dieu n’oublie pas celui qui est oublié de tous. Le riche s’est fait oublier lui-même du lien paternel de Dieu. Car ignorer le pauvre, c’est mépriser Dieu.

La mort entre dans la parabole comme l’entracte : après le premier acte de la vie terrestre, les rideaux se ferment. Un deuxième acte commence avec les rôles inversés. L’injustice humaine est réfutée par la justice divine. Et il n’y a pas de retour entre ces deux actes.

Des nuages sombres s’accumulent à l’horizon et pronostiquent de plus en plus de Lazares devant nos portes. Des riches, ou bien chacun d’entre nous, risquent de se retrouver un jour parmi ces Lazares.

Ne fermons pas nos yeux et nos cœurs par mille excuses, même s’il est vrai que nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes.

C’est la rentrée paroissiale. Saint Paul nous invite comme une grande famille, comme communauté chrétienne à suivre ce même chemin qu’il propose à Timothée : rechercher la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur.

Le saint Pape Paul VI a écrit : « Il s'agit de construire un monde où tout homme... puisse vivre une vie pleinement humaine... où le pauvre Lazare puisse s'asseoir à la même table que le riche. »

Commençons petit, à notre niveau, au niveau paroissial, à notre petite table. Sortons de notre zone de confort ! Jésus nous enseigne par la parabole que notre destin éternel est conditionné par notre attitude.

Finalement, la supplication du riche a été exaucée : Dieu a envoyé quelqu’un de chez les morts de retour chez les vivants pour porter témoignage, et pour que les vivants se convertissent. Le Père a ressuscité son Fils. Jésus ressuscité est revenu. Et ceux qui n’avaient pas la foi, ne se sont pas convertis.

Mais à ceux qui croient, Jésus a donné la voie à suivre pour arriver à la Vie et au bonheur, la paix et la joie du coeur.

La voie est l’Amour avec un A majuscule, non pas entendu comme un sentiment vague, mais comme un service aux autres, dans la charité du Christ.

Sortons de nos zones de confort pour entrer dans les multiples zones de renfort !

Amen.

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