Homélie du Père Benoît - dimanche 29 mars 2020

Nous passons une tempête que nous-mêmes nous avons déclenchée et Jésus dort mais dans la barque.
Jésus est toujours dans la même barque.
Il suffit de lui faire appel, de le réveiller, de CROIRE en LUI..

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Il dit : « Je suis la résurrection.» Il est Dieu et il le montre.

Au début du carême, jeudi 12 mars, les derniers jours que nous pouvions encore aller à l’église pour la Messe, nous avons entendu les paroles de Jésus vis-à-vis de l’incrédulité : « Même si un mort devrait retourner à la vie pour nous dire ce qu’il se passe après la mort, si les gens ne croient pas à Moïse et aux prophètes, non, ils ne croiront pas non plus à cette personne ! »

Aujourd’hui nous approchant de Pâques, l’Evangile nous en donne la preuve.

 

Pendant le carême, de semaine en semaine, dans les lectures de l’Evangile la tension monte entre Jésus et les autorités religieuses de son époque. Dans un film, quand la tension monte c’est surtout la musique qui suscite cette tension. Jésus se présente de plus en plus direct, avec de moins en moins de camouflage comme Fils de Dieu, au même niveau de Dieu. Et la réponse des pharisiens et scribes est de plus en plus hostile et fermée : zéro foi dans les paroles de Jésus, zéro amour envers Jésus, au contraire de plus en plus de haine.

Jésus ne se laisse pas décourager et fait tout le possible pour toucher leurs cœurs endurcis et aveuglés par des signes, des miracles de plus en plus spectaculaires et évidents (donner la vue à l’aveugle né, etc.).
Son désir le plus intime est que tous les hommes se laissent sauver par la foi en sa personne. En ces jours de pandémie, on dirait que les avions dans le ciel ont laissé leur place à des signes : double arc en ciel à Lourdes le 25 mars, la Vierge dans les nuées sur la place St. Pierre et en Afrique on a vu un cheval blanc dans les nuages et on peut s’attendre à beaucoup plus de ces phénomènes en ce temps d’épreuves. Inventé ou vrai, subjectif ou objectif : quand un évènement est un signe pour une personne alors c’est un signe pour elle. Dieu peut se servir de tout.

En redonnant la vie à son ami Lazare Jésus réalise son signe ultime, ultimate miracle.

Lazare sort du tombeau et en effet les cœurs les plus endurcis ne croient toujours pas. Ils restent aveugles et fermés devant l’évidence. Pire, leur haine s’accentue encore et ce signe ultime de Jésus devient sa condamnation à mort : ils décident à partir de ce moment-là à Béthanie, d’éliminer Jésus, de lui tuer.

Qu'est-ce que Jésus pourrait faire de plus ?
Si la confrontation de l’Amour en face à face avec le mal ne fonctionne pas, Il lui reste seulement d’assumer le mal, prendre le mal sur lui, la croix sur ses épaules et mourir avec le mal.  Laissant le mal et la mort pour toujours dans le tombeau mais lui pour ressusciter à la vie éternelle, dans l’amour qui ne connait pas de limite. Pour cela, Jésus ne dit pas à Marthe et Marie : « Je vais redonner la vie à Lazare. » mais il dit : « Je suis la résurrection. » Il est Dieu et il le montre.

 

En même temps Jésus reste totalement humain et si humain!
Contemplons son amitié avec Marthe, Marie et Lazare.
Jésus pleure, jusqu’à 3 fois l’émotion lui devient trop forte. Dieu pleure. Nous avons un Dieu compatissant. Oui, Dieu pleure aussi pour tous les morts de notre pandémie qui doivent passer le moment le plus difficile de la vie, c’est-à-dire mourir, tout seuls, séparés de leurs proches et familles.

Tant d’hommes et de femmes aujourd’hui aussi, disent la même prière en face de la mort d’un être chéri « Jésus, si toi, tu aurais été présent, notre cher ami ne serait pas mort. Pourquoi, Dieu, tu apparais parfois absent ? ».

Pour être honnête, pendant cette crise Corona, je n’ai pas encore entendu le refrain classique en temps de souffrance : « Pourquoi Dieu permet cela ? ». On sent une conscience commune que nous devons plutôt diriger le doigt accusateur vers nous-mêmes, être humains. Comme le Pape l’a formulé si touchant, tout seul en souffrance et en prière sur l’immense place St Pierre toute vide à Rome : « Ceci n’est pas le jugement de Dieu mais notre propre jugement. » Nous passons une tempête que nous-mêmes nous avons déclenchée et Jésus dort mais dans la barque. Jésus est toujours dans la même barque. Il suffit de lui faire appel, de le réveiller, de CROIRE en LUI.

Jésus dit à Marhte : « Crois -tu ? ». Pour redonner la vie à son ami Lazare, Jésus veut d’abord la foi de ses sœurs.

Aussi avec nous, avant Pâques, Jésus demande notre foi. Il veut nous donner la foi nécessaire. Aujourd’hui Jésus dira aussi à Lazare, l’humanité entière : sors !

Jésus, ouvre nos tombeaux et fais revivre nos ossements séchés !

 

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