Homélie du père Benoît - Dimanche 03 décembre 2023

installation Père Benoit-13

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Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés !

Sacré Coeur, Bordeaux, 3 décembre 2023

« Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés ! » supplication du Peuple à son Dieu chantée dans le psaume.

« Seigneur Dieu, reviens, à cause de ton Peuple. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! » supplication du prophète Isaïe dans la première lecture 700 ans avant Jésus Christ.

Au début de l’Avent, nous, le Peuple de Dieu, nous supplions Dieu pour ces mêmes grâces : d’abord pour la grâce que nous-mêmes, nous puissions retourner à Dieu, retrouver les chemins de ce monde, les sentiers qui mènent à Dieu afin de retrouver le visage lumineux du Seigneur. Car séparés de Lui, nos dos tournés vers la lumière nous sommes perdus. Dieu seul peut nous sauver du mal et de la mort.

Mais nous supplions en même temps pour un retour en sens inverse : pas seulement notre retour à Dieu mais aussi le retour de Dieu vers nous !

Le berger peut faire revenir son troupeau perdu en montagne, en faisant des appels par sa voix et aidé par ses chiens. Mais si les brebis sont blessées, affaiblies par le froid, la faim ou la maladie, le berger pourra crier autant qu’il veut, ses brebis ne reviendront pas. Il ne lui restera comme seule solution qu’aller à leur rencontre, à leur recherche.

C’est la situation du Peuple de Dieu au temps d’Isaïe. C’est la situation de notre monde actuel et de chacun de nous. Perdus et blessés, nous avons besoin que Dieu revienne à notre rencontre pour nous sauver.

« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! » Sept cent années plus tard, Dieu a exaucé cette supplication. Le ciel au-dessus de Bethléem, aujourd’hui déchiré par le feu des missiles de guerre, s’est trouvé déchiré par la Lumière Eternelle qui est descendue du ciel il y a 2000 ans pour devenir homme, pour éclairer les ténèbres et nous donner la paix.

Dans nos Messes rorate à la bougie, nous chanterons les mardis de l’avent : « Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum » ; « Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste. » Que la justice et la paix tombent généreusement du ciel à la place de l’eau des inondations !

Non, Dieu ne s’est pas enfermé dans son Ciel faisant du cocooning mais il s’est penché sur l’histoire de l’homme. Il est entré dans le temps de l’homme en se faisant l’un d’entre nous afin d’assumer toute notre condition humaine et de guérir cette condition malade par le péché de l’intérieur, en assumant toute la souffrance et toute sa misère.

C’est impressionnant que Isaïe, 700 ans avant Jésus, invoque Dieu déjà comme « Père » : « C’est toi, Seigneur, notre père » ; « mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père ».Le visage de notre Sauveur est celui d'un père tendre et miséricordieux, qui prend soin de nous en toute circonstance car nous sommes l'œuvre de ses mains.

Dans l’Evangile, Jésus nous appelle encore une fois à la vigilance. Nous ne savons ni le jour ni l’heure de la venue du Sauveur. Veillez ! Il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis et encore moins drogués, ivres ou anesthésiés par les distractions du monde.

A peu de semaines de la naissance de Jésus, la Vierge Marie n’avait aucune idée que son enfant naîtrait à une distance de 3 jours de voyage sur le dos d’un âne. Mais elle veillait, toujours ouverte et à l’écoute de la volonté de Dieu.

Aujourd’hui, nous fêtons la promulgation de notre secteur pastoral qui est devenu une nouvelle paroisse, la paroisse St Jean Apôtre. La paroisse du Sacré Cœur n’existe plus, l’église du Sacré Cœur, oui. Une simplification administrative, un pastoral à échelle plus large au service de la mission pour devenir davantage des communautés « adventistes » dans le sens de vivre l’Avent du Seigneur avec ferveur. Des communautés qui partagent l’invocation ardente des Premiers Chrétiens : « Reviens, Seigneur Jésus ! Viens Seigneur Jésus, viens ! Maranatha ! » Viens aujourd'hui, Seigneur ; illumine-nous, donne-nous la paix, aide-nous à vaincre la violence, l’indifférence et l’égoïsme.

Des communautés qui témoignent que le Christ est déjà venu, est mort et ressuscité pour nous pardonner et nous donner la vie. Des communautés fraternelles. Des frères se connaissent, ou moins leur nom. Il n’y a pas de fraternité sans père ou mère en commun. Hier, dans l’École Diocésaine de la Mission la question surgit : « Dans la France d’aujourd’hui qui est la mère ou le père en commun afin que tous les habitants puissent se nommer frères et avoir un comportement cohérent entre frères ? » Si vous trouvez la réponse, envoyez-la au secrétariat de la nouvelle paroisse ! La fraternité, la promesse bulle de savon de la modernité ! Nous, Chrétiens nous confessons : « Mais c’est toi, Seigneur Dieu, notre Père ! »

Ô Jésus, viens dans nos cœurs, viens déchirer les sombres nuages noirs qui oppriment nos cœurs pour que ta lumière puisse les pénétrer et descendre jusqu’aux endroits les plus profonds et les plus cachés de notre âme. Maranatha. Viens Seigneur, Jésus !

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