Homélie du père Benoît - Dimanche 09 janvier 2022

installation Père Benoit-13

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Dans un camp scout, quelle est l’une des tâches les moins agréables ? Une de ces tâches pour laquelle même une bonne guide essaie de se cacher et de passer son tour ”en douce” ?Chercher de l’eau !

Sacré Cœur de Bordeaux, 9 janvier 2022

Dans un camp scout, quelle est l’une des tâches les moins agréables ? Une de ces tâches pour laquelle même une bonne guide essaie de se cacher et de passer son tour ”en douce” ?

Chercher de l’eau ! Assurer la provision d’eau potable pour sa patrouille. Prendre les jerricans vides, se diriger vers le point d’eau que les chefs ont choisi à une belle distance du camp, et revenir en trébuchant et en transpirant sous le poids d’au moins deux bidons bien remplis. Mais que ferions-nous sans eau ? Un camp sans eau, c’est un camp sans vie.

C’est pour montrer le désir d’une conversion à la vraie vie que Jean le Baptiste, selon la tradition juive, baptisa dans l’eau du Jourdain. On voulait se laver de ses péchés, laisser dans la rivière sa triste vie antérieure. Se laisser immerger dans l’eau était un geste de pénitence. Comme le prophète Isaïe le demande dans la première lecture : transformer les chemins tortueux de sa vie en chemins droits, abattre les pics de notre orgueil et les collines de notre paresse pour remplir les vides de notre vanité et les vides de nos passe-temps superficiels ou mondains.

Pourquoi Jésus a-t-il fait la queue avec tous les pécheurs, pour demander ce baptême de conversion si lui, le fils de Dieu, était sans péchés ? Il n’en avait pas besoin. Quelle humilité ! Jésus n’a pas sauté par-dessus la file d’attente ! Il n’a pas triché. (moi, Fils de Dieu, tu me laisses passer le premier ? ) Non ! Dès le début de sa vie publique, Jésus a voulu montrer qu’il est descendu du ciel pour être totalement solidaire avec chacun de nous. Il a voulu montrer qu’il n’a pas honte d’être confondu avec le plus grand pécheur, d’être pris pour un malfaiteur. Jésus terminera sa vie publique comme il l’avait commencée : condamné à mort par la croix, punition capitale, considéré comme un criminel.

Au moment de son baptême, la sainte Trinité se manifeste : l’Esprit Saint, sous forme de colombe blanche, descend sur le Fils couvert de l’eau, et le Père fait entendre tout son amour par sa voix. A la fin de sa vie publique, Jésus restera découvert, nu et desséché sur la croix et à la place de la colombe, des corbeaux noirs prêts à lacérer son cadavre pendant que son Père garde un silence de plomb. Solidarité absolue et totale avec chacun de nous et avec le plus grand des pécheurs.

Non, le baptême de Jésus n’a rien à voir avec la totémisation scout qui devrait être une épreuve de progrès et pas une épreuve d’humiliations comme ça peut être le cas ! ( père, pas chez les SUFs, non jamais / et chez les scouts d’Europe peut-être ? Cherchez la réponse après la Messe.)

Mais le baptême de Jésus est un mystère d’amour et d’humilité. Humilité partagée par Jean le Baptiste. Et pourquoi pas par chacun de nous ? L’humilité, vertu clé de la sainteté.

Après Jean Baptiste, Jésus lui-même a commencé à baptiser mais par un baptême d’un autre niveau, d’une autre catégorie : un baptême dans l’Esprit Saint et le feu !

L’eau du baptême chrétien ne lave pas seulement le péché originel mais nous donne la vie de Dieu, la vie éternelle. Jésus nous donne son Esprit par lequel nous devenons ses frères. Grâce à Jésus, notre frère aîné et le partage de son même esprit, Dieu le Père nous adopte comme ses enfants et ses héritiers.

Si nous avons invité ce dimanche toutes les familles qui ont baptisé un enfant les 3 dernières années, c’est aussi pour nous rappeler que le baptême est l’entrée dans une nouvelle famille, une famille plus vaste, plus large encore que la famille scoute qui est aussi une famille, mais le baptême c’est l’entrée dans la famille universelle de Dieu qui est l’Eglise.

Comme le scoutisme a sa promesse, notre baptême aussi contient une promesse : la promesse du baptême : dire non au mal et dire oui à la charité, à la vérité, à la bonté, à la beauté. Notre baptême est un envoi en mission.

Au bureau paroissial du presbytère, on nous demande toujours de rédiger des extraits de l’acte de baptême. Car c’est vrai, l’Eglise parfois veut être sûre qu’une personne soit baptisée : avant de faire la Première Communion ou confession, avant le sacrement de mariage, pour être parrain ou marraine. Mais notre vrai extrait de baptême, la vraie preuve que nous soyons chrétiens n’est pas un bout de papier photocopié mais notre style de vie, notre exemple, notre témoignage. C’est par la couronne des vertus chrétiennes que nous manifesterons à quel royaume nous appartenons, quel Roi nous servons.

Terminons avec une splendide citation de Benoît XVI :

« Le Baptême est comme le pont que Dieu a construit entre Lui et nous, la route par laquelle il se rend accessible à nous. Le baptême est l'arc-en-ciel divin sur notre vie, la promesse du grand oui de Dieu, la porte de l'espérance et, dans le même temps, le signe qui nous indique le chemin à parcourir de manière active et joyeuse pour le rencontrer et nous sentir aimés de Lui.“

Et le curé ajoute : chers paroissiens, récupérons le symbole biblique de l’arc-en-ciel, ne le laissons pas tout bas, tout plat piétiner sur les passages piétons de nos villes mais élevons le, remettons les couleurs arc-en-ciel là où Dieu nous les révèlent : entre le ciel et la terre. Oui, récupérons le trésor de notre baptême en vivant avec cohérence et plein d’espérance comme des enfants de Dieu, enfants de la lumière car nous le sommes vraiment.

Amen.

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