Homélie du père Benoît - Dimanche 10 décembre 2023

installation Père Benoit-13

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Consolez, consolez mon peuple ! Parlez au cœur de Jérusalem !

Ste Croix, st Michel, 10 décembre 2023

Consolez, consolez mon peuple ! Parlez au cœur de Jérusalem !

L’Avent est le temps où Dieu veut consoler son peuple et parler au cœur de chacun de ses enfants, au cœur de chacun de nous. Oui, aujourd’hui comme au temps du prophète Isaïe, des larmes coulent, des larmes aussi nombreuses que les gouttes de pluie qui nous tombent dessus, mais un peu plus cachées. ( Une mère de famille qui vient de terminer un intérim dans l’enseignement me racontait cette semaine sa tristesse d’avoir vu tant de jeunes adolescents déprimés. Il manque de la place chez les psychologues pour aider ces jeunes avec leurs plaintes principales : se sentir seuls, malheureux et vivre dans la peur).

Comme Jean le Baptiste cria dans le désert l’arrivée imminente de Jésus Christ Sauveur, aujourd’hui aussi une voix forte crie : « Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance. »

D’un côté, nous aurons les impatients, les sceptiques rationalistes qui réfutent : « Ah ! Mon père, chaque année c’est la même chose, arrêtons cette vaine attente, terminons cette belle fable. Jésus ne reviendra plus. C’est comme attendre Godot de Samuel Becket "

Saint Pierre leur répond dans sa lettre : « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, il prend patience envers vous, car il veut que tous parviennent à la conversion. Un seul jour est comme mille ans et mille ans sont comme un seul jour pour Dieu. »

Saint Pierre inverse les rôles : « Tant que vous serez encore longtemps incrédules, indifférents, sceptiques et rationalistes, le Seigneur se fera encore plus attendre car Il attendra votre conversion. Il veut que vous aussi, vous soyez sauvés par la foi. » Le Seigneur se fait attendre par amour, par miséricorde pour nous.

De l’autre côté, nous aurons les angoissés qui voient partout des signes apocalyptiques de la fin du monde et clament qu’elle est imminente. ( elle aurait du avoir lieu déjà avant hier…)

Ce qui est sûr, c’est que le Seigneur est déjà là. Il nous demande d’aller à sa rencontre et de lui préparer le chemin de notre cœur. Comme la visite d’un président ou d’un pape à un pays : il atterrit à l’aéroport, il est arrivé, déjà parmi nous mais il reste le chemin vers la capitale à parcourir. Normalement, une délégation de bienvenue est envoyée pour accueillir l’hôte illustre à mi-chemin et lui fournir une escorte. ( L’autre jour à Dubaï, le président Allemand a dû attendre une demi-heure à la porte de son avion au début du tapis rouge avant qu’arrive la délégation officielle des Cheikhs … ) Dans les pays pauvres, la route entre l’aéroport et la capitale est la plus belle avenue et parfois la seule du pays : on y voit des palmiers, des drapeaux, des lumières, des écrans géants de publicité américaine ou chinoise, 3 bandes de macadam de qualité, ainsi que des panneaux sonores derrière lesquels se cachent les bidonvilles…

Le Seigneur connaît la misère de notre cœur, ce bidonville. Il n’est pas nécessaire de cacher nos péchés et notre misère derrière des panneaux sonores. Il nous demande simplement d’enlever tous les obstacles entre Lui et l’intimité de notre cœur afin qu’Il puisse y entrer et y régner. Le Seigneur ne nous laisse pas attendre non plus tout seul sur le tapis rouge à la porte de notre avion privée … Non. Il ne nous laisse jamais seul.

L’Avent nous invite à entrer pleinement dans la logique de la foi : croire en Dieu, dans son dessein de salut, et en même temps s'engager pour la construction de son Règne.

Le psaume l’évoque de manière très belle : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. » Comme des amoureux en couple : amour et vérité, justice et paix, inséparables entre eux.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de justice et de paix mais très peu de vérité. Et c’est logique car pour une société relativiste et individualiste la vérité n’existe pas. C’est chacun sa petite vérité pour soi. On confond sentiment et opinion avec vérité. Déjà Pilate se demanda : « Quid Veritas est ? » Qu’est-ce que la vérité ? Et celui qui a témoigné de soi-même : « Je suis le chemin, la vie et la vérité se trouva pile face à lui…

La vérité germera de la terre : en Jésus, par sa nature humaine, reçue de la Vierge Marie, la vérité a germé à partir de la terre.

Du ciel se penchera la justice : en Jésus, par sa nature divine, reçue du Saint Esprit, la justice s’est penchée, est descendue du ciel.

Jean-Baptiste était une voix dans le désert mais il ne criait pas dans le désert car tous les habitants de toute la Judée et de Jérusalem venaient l’écouter et se faisaient baptiser pour le pardon de leurs péchés et cela publiquement !

Aujourd’hui par contre dans nos mégapoles trépidantes et grouillantes et sur la toile d’araignée des réseaux sociaux, on a l’impression que l’Eglise, oui, prêche dans le désert. Pourtant, à l’eau du baptême se mêle aujourd’hui le feu d’amour du Saint Esprit.

Et si toute la France, tout Paris et tout Bordeaux se faisaient baptiser pour le pardon de ses péchés ? Il y aurait certainement moins de violence dans les rues, moins de morts et les jeunes souffriraient moins de la solitude, de la peur et du malheur.

Commençons par écouter la Parole de Dieu dans le désert de notre cœur. Ainsi nous nous transformerons en témoins crédibles de l’Evangile à l’exemple de Saint Jean le Baptiste : sobriété extérieure, profonde humilité et ardente charité intérieure.

Quel est votre poil de chameau avec lequel vous couvrirez votre nudité spirituelle ou sociale ? (les poils des chameaux démangent très très fortement)

En quoi est-ce que vous allez vous serrer la ceinture ? Comme Jean-Baptiste autour des reins ? Jean, le plus grand, né d’une femme, ne se considère pas digne d’enlever les sandales de Jésus. Et moi ?

Préparons le chemin du Seigneur ! Qu’est-ce que le chemin du Seigneur ? ( Est-ce le chemin de la préparation impressionnante de la grande fête de l’avent d’aujourd’hui ? ) Pas seulement. Le chemin c’est Jésus lui-même. En suivant l’exemple de Jésus, en mettant nos pas dans les siens, nous arriverons à la crèche et nous le trouverons comme un signe de consolation, comme un nouveau-né, l’Emmanuel, Dieu avec nous.

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