Homélie du père Benoît - Dimanche 13 novembre 2022

installation Père Benoit-13

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En ce temps-là, comme certains disciples missionnaires parlaient de l’église du Sacré Cœur, de ses belles tours, de sa rosace et des beaux vitraux qui le décoraient, Jésus déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit. »

St. Jean, Sacré Cœur, Bordeaux, 13 novembre 2022

En ce temps-là, comme certains disciples missionnaires parlaient de l’église du Sacré Cœur, de ses belles tours, de sa rosace et des beaux vitraux qui le décoraient, Jésus déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit. »

Quand cela arrivera -t-il ? Quel sera le signe ?

Jésus répondit : « Il y aura des guerres en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient, Asie, Amérique Latine. Il y aura des attentats et la violence de la drogue. Il y aura des désordres, des comportements contre la biologie, contre la loi naturelle. Des désordres sexuels, entre hommes, entre femmes, entre adultes et mineurs qui feront beaucoup de victimes, des désordres si répandus partout que même mon Eglise et plusieurs de mes pasteurs succomberont.

Il y aura des tremblements de terre, des incendies, des sécheresses, des inondations, des tempêtes de grêle, des réchauffements climatiques brûlants comme la fournaise. Il y aura des famines et des épidémies comme la Covid et la variole du singe, des phénomènes effrayants comme la misère, ou le droit à tuer des enfants innocents, pas encore nés, ou le droit ou même l’obligation à tuer des personnes en souffrance avec handicap ou en fin de vie. Il y aura des maisons qui s’écroulent où il n’en restera pas pierre sur pierre comme le temple jadis, et cela pas seulement dans le sud-ouest à Bordeaux mais aussi dans le nord, entre les édifices en solides briques flamandes (piètre consolation …). Mais ne soyez pas terrifiés. »

Oui, ne soyons pas terrifiés! Jésus nous parle de signes qui ont toujours existés mais qui s’accentuent et qui se multiplient dans une période de fin d’époque, fin d’UN monde et pas uniquement fin DU monde :

  • Vers l’année 975 le père abbé du monastère de Saint-Benoît-sur-Loire écrivait « A propos de la fin du monde, j’entendis prêcher dans une église à Paris que l’Antéchrist viendrait à la fin de l’an mil et que le jugement général suivrait de peu. Je combattis vigoureusement cette opinion en m’appuyant sur les Évangiles, l’Apocalypse et le Livre de Daniel ».

Quand les Témoins de Jéhovah faisaient encore leur prosélytisme en latin …

  • Plus récent, le 11 novembre 1918, un soldat écossais, un poilu, qui avait combattu la première guerre mondiale en Normandie écrivait dans son journal : "Je pense qu'il est totalement impossible d’exprimer par écrit ce que ce jour de l’armistice signifie pour nous. Nous qui reviendrons du front pour dire aux gens ce qu'est vraiment la guerre, nous espérons sûrement que ce jour à 11 heures aura une grande signification pour les générations à venir. Il s'agit certainement de la dernière guerre entre nations civilisées."

Nous qui connaissons la suite, nous sourions tristement : « Un peu rêveur et naïf ce jeune poilu idéaliste !? » Ou pas du tout ? Il parle bien de la dernière guerre entre nations CIVILISÉES ! Toutes les guerres qui ont presque immédiatement suivi la grande guerre et les guerres d’aujourd’hui sont des guerres entre nations qui ne méritent pas la qualification de « civilisées », des conflits entre nations non-civilisées, plutôt barbares !

Finalement Jésus nous prédit les persécutions à cause de son propre nom. Les persécutions des disciples fidèles et cohérents de Jésus sont le signe par excellence de la fin d’un monde mais sont en même temps les douleurs d’accouchement d’un monde nouveau.

Jésus crée le contraste entre deux époques, entre l’ancien et le nouveau testament.

Ses disciples sont fascinés par la splendeur du temple, pour les Juifs l’unique maison de Dieu sur terre, seul endroit pour adorer le Seigneur Dieu, seul endroit du sacrifice perpétuel au Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob.

Jésus dirige le regard et le cœur de ses disciples vers une nouvelle époque. L’époque où les enfants de Dieu adoreront le Dieu unique, non plus dans un temple de pierre mais en esprit et vérité. L’époque du vrai temple qui est le Corps du Christ, un temple de chair pour un culte spirituel en charité et vérité. Un temple du sacrifice perpétuel de l’Eucharistie et du corps et du sang des martyres. Une époque où les disciples seront persécutés comme leur Maître.

La destruction du temple est un signe que la fin des temps sera marquée par l’interdiction d’adorer le Dieu unique, par des pouvoirs de non-adoration à Dieu.

Le Pape François nous invite à nous poser la question : « Est-ce que j’adore vraiment Dieu ? Ou seulement à moitié ? » Et il ajoute : « un prêtre qui n’adore pas termine à la poubelle »

La fascination de l’église du Sacré Cœur n’est pas dans ses tours, ni dans sa rosace ou ses vitraux mais dans sa chapelle d’adoration perpétuelle avec son ostensoir qui contient le temple nouveau, Corps du Christ ! Quelle réponse et témoignage providentiel de sacrifice spirituel et perpétuel contre les pouvoirs de non-adoration !

Comme paroissien, est ce que j’en suis suffisamment conscient ? Est-ce que je sais où elle se trouve cette chapelle ? Ou est ce que mon gamin de 4 ans la visite plus souvent que moi grâce à la liturgie expliquée aux enfants ?

Jésus nous dit que nous serons amenés à rendre témoignage. Il nous invite à ne pas avoir peur mais plutôt à avoir confiance et patience. C’est par notre persévérance et notre fidélité que nous garderons la vie, que nous aurons part à la résurrection du Christ après avoir partagé sa passion. Malachie invite à l’espérance joyeuse : « Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement ! »

Amen.

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