Homélie du père Benoît - Dimanche 16 octobre 2022

installation Père Benoit-13

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Jésus raconta une parabole pour nous faire comprendre la nécessité pour nous de toujours prier sans nous décourager.

Sacré Cœur de Bordeaux, 16 octobre 2022

Messe scouts SUFs

Pourquoi Jésus a-t-il raconté la parabole du juge injuste et de la pauvre veuve ?

Pour faire passer le temps en attendant le début d’une veillée scout autour du feu ?

Pour amuser les Jeannettes pendant que Guillemette et les cheftaines font la vaisselle ?

Non. L’Evangile nous dit : Jésus raconta une parabole pour nous faire comprendre la nécessité pour nous de toujours prier sans nous décourager.

Jésus, comme un bon orateur, construit un grand contraste, comme des ombres chinoises.

Une veuve à l’époque de Jésus se trouvait en faiblesse extrême : pas d’aide de l’état, plus de protection d’un mari, condamnée à faire la manche.

Elle a besoin de l’aide d’un juge mais elle se trouve en face d’un juge sans aucun scrupule qui pense seulement à ses propres intérêts. Elle ne peut pas faire appel à ses sentiments positifs ou humanitaires car il n’en a pas. Elle ne peut pas toucher une corde de son cœur qui le ferait vibrer d’amour pour Dieu, car il se fiche de Dieu et de tout le monde. La pauvre veuve n’a aucune chance d’être écoutée par ce juge mauvais. Mais elle insiste et insiste auprès de lui sans arrêt, jour et nuit, jusqu’à l’agacer tellement que ce juge lui donne ce dont elle a besoin afin d’être libéré d’elle et de son harcèlement. Comme une cheftaine cède enfin à la demande insistante d’un petit louveteau d’avoir plus à manger. Allez, pour qu’il se taise enfin et laisse mes oreilles tranquilles : tiens, deux louches de rabe (de poisson aux épinards et endives … ).

La conclusion de Jésus : si un méchant juge totalement indifférent écoute la prière d’une pauvre veuve, comment Dieu, qui est toute bonté et qui est l’Amour même, comment Dieu n’exaucerait-il pas immédiatement notre prière ? Lui qui est un Père.

A nous donc de prier comme la veuve. En face des nuages sombres à l’horizon qui annoncent récession économique, crise sociale et des guerres, Benoît XVI nous rappelle que la foi est la force qui en silence et sans bruit change le monde et le transforme en Royaume de Dieu. Et l’expression de la foi, c’est la prière. Quand la foi se remplit d’amour pour Dieu, reconnu comme Père juste et bon, la prière se fait persévérante, insistante. La prière devient un gémissement de l’esprit, un cri de notre âme qui pénètre le Sacré Cœur de Dieu. Et c’est ainsi que la prière devient la plus grande force de transformation du monde. Non, pas les missiles nucléaires, ni les drones kamikazes …

C’est la prière qui garde allumée la flamme de la foi. Jésus nous demande aujourd’hui : « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-Il la foi sur la terre ? » Quelle sera notre réponse à cette préoccupation de Jésus ? Quelle est la réponse des scouts du groupe Don Bosco ?

Aujourd’hui, en chantant le chant de la promesse, répondons avec humilité mais avec conviction et courage : « Seigneur, ta venue parmi nous ici dans cette célébration dominicale nous trouve rassemblés avec la lampe de la foi allumée. Nous croyons et nous avons confiance en Toi ! Fais grandir notre foi ! »

La première lecture nous présente un grand jeu un peu bizarre. Le combat entre Israël et les Amalécites, les forces d’extermination. Quand Moïse élève ses bras en prière vers le ciel, Israël est plus fort et gagne. Quand Moïse laisse tomber ses bras par fatigue, les Amalécites sont plus forts. Conclusion de l’histoire : la vraie force de la victoire contre le mal, ne se trouve pas dans les armées mais dans la prière insistante et permanente de Moïse. Pour cela, on va poser deux pierres sous les bras du vieux Moïse pour qu’il puisse rester en prière.

Le nouveau Moïse est Jésus Christ. Ce passage de l’Ancien Testament est une des plus belles préfigurations de Jésus, de Jésus sur la croix. Pendant trois longues heures, Jésus est resté pendu à la croix avec ses bras ouverts, comme Moïse, vers le ciel. Ce ne sont pas des pierres qui ont soutenu les bras de Jésus mais des clous. Ce sont des clous cruels qui ont gardé Jésus en position atroce de prière, prière d’intercession pour nous.

Quand Jésus élève ses bras vers son Père dans le ciel, toute l’humanité gagne la bataille contre le mal et contre la mort. Les clous de la croix évitent que les bras de Jésus retombent et que les forces de la mort et du péché reprennent le dessus.

Une dernière question pour terminer et ce n’est pas une histoire belge : comment un sourd-muet, spectateur d’un grand jeu scout, peut-il savoir quelle équipe a gagné le grand jeu ?

Quand il voit, tout à coup et partout des bras qui s’élèvent. La joie de la victoire nous fait élever nos bras en haut, comme le maillot jaune qui gagne le sprint et passe en premier la ligne d’arrivée. Jésus aussi, sur la croix, étendit ses bras vers le ciel, en forme de ‘V’ de la victoire. Jésus notre maillot jaune qui a obtenu en premier la victoire sur la mort et franchi en premier la ligne d’arrivée de la résurrection et de la vie éternelle.

La lutte de Jésus, ses mains levées vers le Père et ouvertes sur le monde demandent d’autres bras, d’autres cœurs qui continuent à s’offrir avec le même amour, jusqu’à la fin du monde.

Répondons tous, avec les scouts : « Me voici Seigneur ! »

Amen.

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