Homélie du père Benoît - Dimanche 17 octobre 2021

installation Père Benoit-13

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Quelle est la différence entre un ordre et une demande ?

Bordeaux, Ste Croix, St Michel, 17 octobre 2021

Quelle est la différence entre un ordre et une demande ? Entre un commandement et une question ? A l’école on apprend qu’on utilise un verbe à l’impératif pour donner un ordre : « Donne-moi ! Donne-nous ! ». Pour une question le verbe se met en forme interrogative : « Pourrais-tu nous donner ? »

Mais les petits enfants sont très inventifs pour obtenir quelque chose de leurs parents. Comme ils sont bien éduqués, ils savent qu’ils ne peuvent pas donner un ordre à un adulte. Ils ne peuvent pas dire : « Maman, donne-moi des bonbons ! » Car ils risquent de recevoir plutôt une correction. Mais s’ils demandent simplement en toute politesse : « Maman, pourrais-je avoir des bonbons ? », le risque de tomber sur un NON est trop grand. Donc ils inventent la formule suivante : « Maman, je voudrais te demander quelque chose si tu promets de me répondre OUI. ». Et la maman, curieuse de connaître ce ‘quelque chose’ demande « mon enfant, que veux tu me demander ? » et elle s’engage à répondre oui. L’enfant a gagné.

C’est exactement ce que font les 2 apôtres, Jean et Jacques, avec Jésus : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. ». Comme un bon parent, Jésus leur répond : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? ».

Être assis à la droite et à la gauche dans la gloire de Jésus. Devenir ministre de l’intérieur et ministre des affaires étrangères dans le royaume de Jésus.

Mais le royaume de Jésus n’est pas de ce monde. Et ça, les 2 frères et leur maman, ne l’avaient pas encore compris après 3 ans de catéchisme avec Jésus. Mais comme le jeune homme riche de dimanche dernier : les apôtres avaient seulement la promesse, pas encore sa réalisation du règne de Dieu. La promesse des lectures d’aujourd’hui : que le Messie viendrait nous sauver comme un serviteur souffrant en chargeant sur ses épaules nos fautes et nos tourments.

Nous, au contraire, nous connaissons la promesse et sa réalisation : nous savons comment Jésus s’est fait esclave lors de la dernière cène pour laver les pieds de ses disciples, aussi les pieds de Jean et de Jacques, nous savons comment Jésus est notre grand prêtre capable de souffrir, de compatir à nos faiblesses et à être éprouvé à notre ressemblance dans sa terrible passion et sa mort sur la croix. Nous savons qu’Il est ressuscité ! Et malgré l’exemple suprême de Jésus, malgré que nous sachions que nous avons un Dieu qui s’est fait serviteur de ses enfants, nous aussi, nous nous laissons si facilement entraîner par des conceptions mondaines, nous nous laissons si facilement séduire par la soif de pouvoir et de vouloir être important aux yeux du monde.

Dans la politique et la société en général, on marche sur la tête des gens pour rester au-dessus d’eux. Jésus nous invite à nous jeter aux pieds des gens pour les servir.

Dans la politique et le monde en général, il y a les jeux mesquins du pouvoir. Jésus nous montre comment inventer plutôt des jeux de service, doux et humbles. Dans les masses on joue des coudes. Jésus nous apprend à se serrer les coudes.

Jésus ne reproche pas l’ambition de Jean et Jacques à vouloir être les premiers mais Il corrige le tir : pas vers l’ambition du pouvoir mais vers l’ambition du service, l’ambition de vouloir devenir saint. Nous, les Chrétiens, nous devons devenir beaucoup plus ambitieux ! Mais cette ambition pour la sainteté !

Le Pape François l’a dit avec ses mots : "Il ne fait pas de doute que l'absence totale d'ambition est un défaut, l'important c'est que l'ambition ne devienne pas une façon de piétiner les autres pour aller de l'avant et poursuivre son ascension (...) Les arrivistes sont parmi les pires individus, parce qu'ils tendent à produire de l'inculture, une culture mauvaise"

On pourrait soupçonner que ces mots du Pape François commentent les élections présidentielles en France et la campagne électorale actuelle…

Comme nos dirigeants, nous avons parfois du mal à faire la distinction entre les deux verbes « servir » et « se servir ».

Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie à la place de chacun de nous. 

Voici la clé des couples unis, voici la formule des familles unies, voici la recette des paroisses unies et des Nations Unies.

Amen.

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