Homélie du père Benoît - Dimanche 19 septembre 2021

installation Père Benoit-13

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

D’où viennent les guerres ? D’où viennent les conflits entre nous ?

Sacré Cœur de Bordeaux, 19 septembre 2021

« D’où viennent les guerres ? D’où viennent les conflits entre nous ? »

That’s the question. C’est cela, la question ! La Parole de Dieu de ce dimanche nous pose une question. Dieu lui-même demande à chacun de nous ce matin : d’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits dans ta vie ? »

Avant d’écouter la réponse de l’apôtre, que chacun de nous essaie de répondre pour soi même !

Saint Jacques nous enseigne que nos désordres viennent de la fausse sagesse. Une sagesse terrestre, mondaine, matérielle et diabolique qui provoque la jalousie et l’ambition, deux sœurs avec lesquelles nous sommes tous apparentés !

Saint Jacques oppose cette fausse sagesse à la sagesse qui vient d’en haut, qui vient de Dieu. Comme cette sagesse est parfaite, le langage biblique décrit cette sagesse avec 7 qualités : elle est pure, pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde, féconde en bons fruits, droite. Et comme Dieu dont elle vient, la sagesse n'a pas besoin de s'imposer par la force, parce qu'elle possède la vigueur invincible de la vérité et de l'amour, qui s'affirme d'elle-même. Quelle merveille ce don de la sagesse qui vient d’en haut ! Supplions Dieu pour une pluie non polluée de sagesse qui nous désintoxique des résidus du mensonge et de l’orgueil. Que nous soyons baignés de sagesse ! Que nous soyons des tisserands de paix pour transformer les dynamiques des sociétés de masse qui mènent aux manques de respect de la vérité, de la vie, de la parole donnée et suscitent l’agressivité, la haine et la vengeance. A Bordeaux aussi des rixes, même étymologie que rivalités, entre bandes de mieux en mieux fournies en nombre de jeunes et en armement.

La première lecture nous décrit magistralement la jalousie de ceux qui ont une mauvaise conscience en face du bon exemple. Pourquoi ? Car le bon exemple d'une personne juste agit comme un miroir et met le doigt sur la plaie ouverte et puante de la mauvaise conscience. Tout à coup ce miroir commence à parler : « Toi aussi tu devrais vivre de manière exemplaire et en plus tu as aussi toutes les qualités et possibilités pour le faire mais simplement tu ne le veux pas ! » C'est pour cela que ce miroir inquiétant doit être brisé car devenu insupportable ! Pour cela que l’homme juste, droit, bon et aimable doit être éliminé, supprimé de la vue de l’homme médiocre, pour que l’injuste puisse continuer à se coucher seul avec sa mauvaise conscience.

Des formes actuelles de cette intolérance sont la suppression de comptes Twitter, Facebook ou chaînes YouTube de personnalités qui ne suivent pas le politiquement correct. Quand elles gênent la mauvaise conscience des idéologues, leur voix est éliminée au nom de la liberté de parole.

Ce texte du livre de la Sagesse est aussi une prophétie et s'est littéralement réalisé dans la vie de Jésus : Jésus était un miroir pour les pharisiens, les scribes, les prêtres et les souverains. Ils ne pouvaient plus le supporter et ils ont décidé de se débarrasser de Jésus. « Condamnons-le à une mort infâme, voyons si quelqu’un interviendra pour lui ? Il se dit fils de Dieu, voyons si Dieu l’assistera. »

Dans l’Evangile, Jésus essaie justement de préparer ses disciples à la réalisation de cette prophétie par ses souffrances et par sa mort. Mais ses 12 apôtres, ses amis, discutaient lequel d'entre eux était le plus grand, le plus important. Quel contraste entre Jésus et les 12 ! Quelle distance entre le Maître et ses disciples ! Jésus, fils de Dieu, envoyé par le Père pour servir, servir au maximum et donner sa vie en servitude. Ses disciples n’ont pas encore compris ou de manière superficielle car encore sous l’influence des 2 sœurs, l’ambition et la vanité. C'est pourquoi Jésus prend un enfant, simple et pourtant innocent, pour enseigner que nous devons vivre comme des enfants, que nous trouvions notre réalisation de nous-mêmes, notre bonheur à servir.

L’orgueil est l’élément clef qui fait la différence entre Dieu et l’homme : en Dieu il n’existe pas d’orgueil, parce qu’Il est Amour, la plénitude de servir, de donner la vie ; mais en nous, les hommes, en chacun de nous, l’orgueil est profondément enraciné et il demande une vigilance et une purification constantes. Nous, qui sommes petits, nous aspirons à paraître grands, à être les premiers, alors que Dieu qui est réellement grand ne craint pas de s’abaisser et de se faire petit, de servir.

« D’où viennent les guerres ? D’où viennent les conflits entre nous ? »

De l’intérieur de notre cœur, de notre orgueil. Adoptons cette semaine, l’humilité et la serviabilité comme grandes sœurs et nourrices et chassons la jalousie et la rivalité, enfermons les sous X dans nos sous-marins non vendus afin de vivre sur la même longueur d’onde que Jésus et non pas à côté de la plaque.  Amen.

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+