Homélie du Père Benoît - Dimanche 1er novembre 2020

installation Père Benoit-13Décidons-nous pour la joie, prenons résolument le chemin des béatitudes, mettons l’habit de la sainteté.

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Il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints.

« Il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints.» phrase célèbre du grand écrivain Léon Bloy qui s’est battu avec sa plume contre un catholicisme de maquillage, un christianisme snob, superficiel des salons parisiens au 19ième siècle pendant que les préludes des grandes idéologies et leurs grandes guerres commençaient à se faire entendre. Aujourd’hui comme pendant la Belle Époque de Bloy, seulement les saints peuvent changer l’Eglise, seulement des saints peuvent guérir notre société malade.

Léon Bloy chercha à provoquer, non pas au moyen de caricatures, mais par sa plume transformée en électro-choc pour essayer de réveiller la conscience endormie des intellectuels catholiques qui auraient pu influencer la société selon les valeurs de l’Evangile s’ils avaient cherché la sainteté.

 

Une autre phrase de Chez Léon (Bloy) aussi choc mais moins connue car moins fine :  « Le bourgeois est un cochon qui voudrait mourir de vieillesse. » Un mondain, une personne qui vit selon l’esprit et les critères du monde cherche à jouir au maximum et le plus longtemps possible de l’existence terrestre, faisant de cette jouissance le seul absolu désirable. L’opposé des Béatitudes, le contraire de la carte d’identité des Chrétiens, les formules magiques pour devenir saint.

Bienheureux les pauvres de coeur, ceux qui n’ont pas besoin de grandes choses pour être heureux, qui se contentent avec le nécessaire et avec le bonheur des choses simples. Un coeur pauvre en désirs mais riche en amour.

Heureux les doux, ceux qui ne provoquent pas et évitent de blesser ou d’insulter leur prochain. Ceux qui comprennent que la liberté d’expression est une valeur au service de la charité, au service de la fraternité et pas au-dessus de la charité. Non, la liberté d’insulter n’existe pas, nous n’avons pas le droit de blesser, de provoquer notre frère dans ses convictions. Personne n’a la liberté de blasphémer Dieu. Une société qui prône le contraire des 10 commandements et qui invente le droit à blasphémer est condamnée à disparaitre. Heureux les doux qui savent pardonner, heureux les doux qui ne se laissent pas provoquer par l’arrogance de l’impie, qui ne répondent pas au mal avec des pires crimes, qui cherchent à vaincre le mal par le bien, qui prient pour leurs ennemis. Que faire si mon frère est trop susceptible quand il s’énerve trop vite et tire son couteau pour une petite rigolade ? C’est aux forts de s`adapter aux faibles, aux forts d’éduquer les faibles pleins de bienveillance et de patience, pas de les provoquer. Par notre exemple de fraternité, le faible va s’ouvrir petit à petit et devenir plus large d’esprit.

Jésus doux et humble de coeur, rend mon coeur semblable au tien.

 

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice. Heureux les artisans de paix. Si la sainteté devait dépendre de cette seule béatitude, nous serions tous ici saints aujourd’hui : car nous mourons de faim et de soif pour la justice et pour avoir la paix. Chaque jour plus d’angoisses dans les cœurs. Nos familles, notre ville, notre pays ont besoin de paix et de justice.

 

Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. Qui d’entre nous n’aimerait pas voir Dieu comme Il est, sans le voile de la foi ? C’est le mot pur, la vertu de la pureté qui est reprise dans les 4 textes de la Bible pour cette fête de la Toussaint. Les saints cherchent la face du Seigneur dans le visage de leur prochain, au cœur pur, aux mains innocentes. Il parait que des taches de vin rouge sur une nappe blanche se lavent en mettant la nappe dans du lait bouillant. Il parait que vêtements blancs qui se lavent en les mettant dans un bain de sang d’agneau en sortent plus blancs que blanc. C’est l’image de l’Apocalypse : nos cœurs ont été purifiés des tâches du péché par notre baptême qui est le bain du sang de l’Agneau de Dieu. Le sang de Jésus sur la croix fait sortir notre âme plus blanche que blanc du baptême.

 

 

 

Et dans ces temps d`épreuves où des forces d’ordre, des CRS doivent patrouiller devant nos églises : heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, ceux qui sont insultés et persécutés à cause de Jésus Christ. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse car votre récompense est grande dans les cieux.

A chacun de choisir aujourd’hui : cochon ou saint ? Une vie de cochon ou une vie de saint ?

 

Il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints. Décidons-nous pour la joie, prenons résolument le chemin des béatitudes, mettons l’habit de la sainteté. Suivons l’exemple de tous les saints, nos amis dans la grande famille de Dieu. Ils étaient faibles et limités comme nous, mais c’est la grâce de Dieu qui a fait des merveilles en eux et ils n’ont pas mis d’obstacle à l’œuvre de Dieu dans leur âme. Soyons des saints, des vraies images vivantes de Jésus Christ, pas de caricatures. Seulement la sainteté peut nous sauver. Ce que le monde a plus besoin c'est des saints. Amen.

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