Homélie du Père Benoît - dimanche 20 septembre 2020

installation Père Benoit-13Notre paroisse est comme une vigne qui a besoin d’ouvriers,
de bénévoles pour tant de services paroissiaux.

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Notre salaire est la vie éternelle, le bonheur infini, le ciel. Dieu invite chacun de ses enfants au ciel.

Nous connaissons tous des images de films ou documentaires sur la Grande Dépression économique des années 1930 ou de la révolution industrielle : des pères de famille de tout âge dans leur bleu de travail qui se rassemblent très tôt le matin en masse devant les énormes portails des usines noires avec leurs grilles de fer bien verrouillées. Ces hommes qui se présentent avec le seul espoir de pouvoir travailler, de pouvoir gagner leur pain quotidien et le pain de survie pour leur foyer, épouse et enfants. Un tirage au sort est organisé avec un mystérieux avantage pour les plus costauds et les quelques chanceux reçoivent un ticket, un laisser-passer pour entrer à l’usine et se mettre au travail toute la journée, 12 heures. Pas difficile de se mettre dans la peau des non-choisis : une nouvelle déception, encore une fois se présenter devant son épouse et ses enfants les mains et les poches vides, la terrible frustration de ne pas pouvoir donner à manger à ses bien-aimés, la morsure amère de la misère, le désespoir … On chercherait pour moins grave de la consolation dans la bouteille !

 

Les conditions de travail au temps de Jésus n’étaient pas beaucoup mieux mais plus agricoles. Jésus utilise ce marché de travail pour raconter une parabole afin de révéler un aspect du cœur de Dieu, révéler une logique du Royaume des Cieux.

Un premier aspect : c’est le maître de la vigne qui se met en route à la recherche des ouvriers. Comme le bon berger qui se met en route à la recherche de la brebis perdue. Dieu quitte les murs de sa vigne pour parcourir les sentiers poussiéreux à la recherche d’ouvriers, les êtres humains, ses enfants. Dieu ne permet pas que nous soyons humiliés devant des énormes portails avec des grilles de fer bien verrouillées. Non. Sa vigne, son royaume est un espace ouvert sans grilles, open space.

Deuxième aspect : Dieu embauche tout le monde et il embauche sans arrêt, 24h/24 et 7 jour/7. Dans la vigne du Seigneur le chômage n’existe pas. Dieu est un employeur qui investi dans chaque ouvrier car Dieu croit dans chacun de ses enfants. Chaque être humain est appelé à la vigne et a sa capacité propre et unique de rendre gloire à Dieu. Chaque être humain peut aimer car il est créé par amour et pour aimer. Dieu ne supporte pas le dolce far niente des Italiens, le doux ne rien faire …

Troisième aspect : le maitre de la vigne offre un bon et juste salaire pour le travail de toute une journée. Dieu est généreux et juste. Chez Dieu on gagne bien sa vie, sa vie éternelle.

Et finalement le 4ième aspect qui fait sauter notre logique humaine et nos nerfs. Trop c’est trop.

Il appelle d’abord les derniers arrivés, ceux qui ne se sont pas beaucoup sali les mains, les moins classifiés dans les tests d’aptitude sur internet et il leur donne leur paie avant les premiers, arrivés des grandes écoles (d’agriculture), avant les pros ou grosses têtes.

Et totalement dingue, inouïe : il leur donne le même salaire … Travailler une petite heure le soir au coucher du soleil reçoit le même salaire que travailler dix heures à partir du lever du soleil jusqu’au soir. Notre salaire est la vie éternelle, le bonheur infini, le ciel. Dieu invite chacun de ses enfants au ciel.

Il s’agit d’une bonté qui nous dépasse. Une bonté infinie qui est jugée comme injuste par la mesquinerie humaine aveuglée par l’égoïsme : « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Laissons Jésus nous demander cette même question dans le silence de notre cœur.

Déjà 8 siècles avant Jésus, le prophète Isaïe, révéla la miséricorde de Dieu comme un amour qui nous dépasse : Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. Car mes pensées ne sont pas vos pensées. »

Que cette folie d’amour de Dieu enflamme chacun de nous et toute notre paroisse à franchir la ligne de départ de cette nouvelle année avec tant de zèle missionnaire afin de tenir jusqu’à la fin, la ligne d’arrivée. Que le réservoir de notre combustible spirituel ne se vide pas !

 

C’est la rentrée, aussi pour notre paroisse. Depuis quelques années comme fruit d’écoute au Saint Esprit notre paroisse s’est donnée une VISION : une communauté accueillante, centrée sur le Christ, qui transmet l’amour de Dieu et où chacun trouve sa place. Cette vision pourra se réaliser dans la mesure où chaque membre, chaque paroissien arrive à vivre cette vision dans la propre vie. Les services paroissiaux s’organisent aussi autour des 4 pilliers de la vision : accueil, prière ou vie spirituelle, formation et mission, et service ou fraternité.

Notre paroisse est comme une vigne qui a besoin d’ouvriers, de bénévoles pour tant de services paroissiaux. Parmi nous, nous avons des bénévoles de la première heure, des paroissiens qui se sont engagés depuis qu’ils fréquentent le Sacré Cœur. Nous avons aussi les travailleurs de la dernière heure, récemment arrivés ou engagés. Mais la vigne est grande et il nous faut toujours plus de travailleurs, de bénévoles.

Malheureusement le curé ne peut pas aller au Pôle Emploi pour embaucher sans limite. Il doit se contenter de faire appel à partir de sa chaire, de l’ambon.

 

Pour donner des visages à nos services et les bénir au début de cette nouvelle année, je demande maintenant aux responsables de services de venir devant l’autel. Leur fonction et service est expliqué sur le nouvel organigramme de la paroisse sur un grand panneau à l’entrée de l’église. En même temps je demande chaque paroissien qui est engagé dans un des services paroissiaux de se mettre debout maintenant restant à sa place pour recevoir la même bénédiction.

 

 

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