Homélie du père Benoît - Dimanche 24 avril 2021

installation Père Benoit-13

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« J’ai mes doutes ! Je m’en doutais. »

Ste Croix, St Michel, Bordeaux, 24 avril 2022

« J’ai mes doutes ! Je m’en doutais. »

Une petite phrase qui peut devenir un petit refrain dans notre société et dans la mélodie de ma propre vie privée. Ma réponse, mon attitude devant chaque message dans mes boîtes de courrier peut être triple : soit je crois, soit je ne crois pas, soit je ne sais pas et je reste avec mes doutes.

Traduit dans l’ambiance politique : soit je vote monsieur, soit je vote madame, soit je vote noir et blanc ou pas du tout : « J’ai mes doutes ! »

La sagesse et la prudence supposent de savoir douter. Un doute sain est necessaire. Mais douter, tout le temps et partout, immobilise l’être humain et peut le transformer en cynique indifférent et amorphe.

L’apôtre Thomas, notre frère jumeau, homme moderne de raison pratique et logique, avance de quelques siècles le doute méthodique de René Descartes : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non je ne croirai pas ! »

Thomas n’est même pas prêt à douter. Simplement, il ne peut et ne veut pas croire que son maître crucifié est maintenant ressuscité et bien vivant. Thomas veut d’abord tout vérifier empiriquement avec ses sens de la vue et du toucher. Huit jours plus tard, Jésus lui-même donnera à Thomas ses preuves avec 3 sens en plus : l’ouïe et sans doute aussi l’odorat et le goût. Le parfum du Christ, l’Esprit Saint: “Recevez l’Esprit Saint!” et le bon gout du pain du ciel: “Prenez et mangez!”.

Jésus vient à la rencontre de Thomas comme il vient à la rencontre de chacun de nous dans nos épreuves de foi : « Cesse d’être incrédule, sois croyant. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Pourtant notre foi et notre confiance en Dieu risquent de disparaître ou de s’évaporer dans les souffrances atroces de la vie, devant la douleur injuste des innocents, devant ma prière et mes supplications non exaucées. Jésus ressuscité, où es-tu ? Pourquoi te tiens-tu caché ?

Jésus nous invite à ne pas douter des témoins véritables de sa résurrection, à avoir plus de foi et de confiance dans les témoins cohérents, dans des êtres humains spirituels, plutôt que dans nos 5 sens qui se limitent à la matière de ce monde limité.

Tout d’abord, Jésus souhaite la paix. Jusqu’à 3 fois Jésus répète : « La paix soit avec vous ! » Le Christ ressuscité connaît le cœur de l’homme et il sait que l’être humain abandonné à sa seule raison et logique critique reste inquiet. Il sait que l’être humain a besoin des ailes de la foi pour s’élever et pour trouver la paix dans son âme, don du Saint Esprit. Notre monde en guerre, nos pays et les cœurs des citoyens en absence flagrante de paix. Pourrait-il y avoir un lien avec notre incapacité ou refus de croire ? En quoi ou en qui, le monde postmoderne croit-il encore ? Même l’argent et les sciences ont perdu leur infaillibilité dogmatique.

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. Ils auront la paix. »

Terminons avec la prière collecte magnifique de ce dimanche de la Divine Miséricorde. Le Christ ressuscité est le plus grand cadeau de Pâques, pas des œufs, des poules, des lapins ou des cloches en chocolat. Jésus est la plus forte manifestation de la miséricorde de Dieu pour l’humanité :

« Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné et ressuscité son Fils unique afin que ceux qui croient en Lui, aient la vie éternelle ! »

Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés. »

A notre tour d’être des témoins de la miséricorde de Dieu. Suivons l’exemple de St Pierre et la première église. Pierre sort de l’ombre, sa nuit du reniement et de ses larmes amères est finie. L’apôtre entre dans la lumière, il devient le centre de l’attention comme pasteur délégué par Jésus. C’est maintenant son ombre qui va couvrir l’un et l’autre et guérir des multitudes. Pierre et les premiers Chrétiens parcoururent les villes en faisant le bien au nom de Jésus, comme témoins de la miséricorde de Dieu.

Au monde d’aujourd’hui en quête de paix et de raisons de croire, proclamons quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés, pour qu’une explosion de la divine miséricorde puisse transformer la face de notre terre.

Amen.

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