Homélie du Père Benoît - Dimanche 24 janvier 2021

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"Mon Père, pourquoi ce carême avant le carême ? Pourquoi ces lectures ? Laissez-nous un peu de joie de vivre au milieu des tristesses et des incertitudes de ces jours !"

C'est un peu tôt pour le carême, il faut encore 4 semaines mais c'est vrai que les 3 lectures de la Parole de Dieu de ce 3ème dimanche nous font déjà résonner l'appel à la conversion. Pourquoi ?

Pour présenter la mission spécifique de Jésus au début d'une nouvelle année.

Cette semaine, une baleine s'est échouée sur les rochers de Sorrento en Italie ; la plus grande baleine jamais rencontrée en Méditerranée. Fait divers qui renvoit le prophète Jonas dans l'actualité, lui qui est image de Jésus. Comme Jonas, Jésus est envoyé à notre monde pour nous inviter à la conversion. Jésus qui est lui-même la Parole de Dieu vivante.

Jésus parcourait tous les villages et tout le pays pour annoncer la bonne nouvelle, l'Evangile. Qu'elle est cette bonne nouvelle ? : le règne de Dieu est tout proche car Lui-même est Dieu parmi nous. Cet avènement nous oblige à revoir notre relation avec le temps : Jonas cria "encore 40 jours" ; Saint Paul nous rappelle "le temps est limité" et Jésus résume "les temps sont accomplis". Ce monde, tel que nous le voyons, passe. Pourquoi vivre attaché et dépendant de ce qui passe ? Le règne de Dieu au contraire se laisse voir par la foi et ne passera pas. 

Ce règne de Dieu doit être annoncé. Les clés pour pouvoir y entrer doivent être distribuées, et cette clé est la foi et la conversion. Afin que chaque être humain puisse recevoir une clé pour ouvrir la porte du royaume de Dieu, Jésus appelle des apôtres pour l'aider. Au bord du lac, il appelle des pêcheurs. Imaginez-vous Jésus qui passe aux abords de la Garonne et qui dit aux pêcheurs sur leurs petits pontons terrasses :"Venez à moi et suivez-moi. Je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes !" Pêcheurs d'hommes, un peu bizarre, non ? Car quand les pêcheurs sortent leurs filets pleins de poissons de l'eau, le spectacle n'est pas très romantique, plutôt macabre : on voit les pauvres poissons en train de se débattre et d'haleter car leurs branchies ne sont pas capables de prendre l'oxygène de l'air libre mais seulement dans l'eau. Les poissons s'asphyxient et meurent. Quand Jésus nous dit que nous devons devenir des pêcheurs d'hommes nous aussi, comme les apôtres, veut-Il dire que nous devons asphyxier notre prochain, en manque de machines respiratoire ? 

Non, pas du tout. Plutôt le contraire. Les hommes sont comme des petits poissons que Dieu a mis dans un océan d'eau le plus pur, le plus bleu qui existe. Notre oxygène pour survivre, c'est l'amour de Dieu. Nos branchies sont notre âme : par la prière, par la parole de Dieu, les sacrements et la charité, nous sommes capables de nous nourrir de cet oxygène qui est l'amour de Dieu. Mais à cause de notre pêché, à cause de l'égoïsme et de l'orgueil des hommes, cet océan magnifique est devenu un océan pollué, plein de déchets, microplastiques, produits toxiques... une grande poubelle liquide. Et nous, comme des poissons, nous ne pouvons plus respirer, nos branchies, notre âme, deviennent obstruées, pleines de saleté, à cause du mal. Beaucoup de nos frères et sœurs sont morts spirituellement et flottent à la surface car les poissons morts flottent.

 

Jésus appelle des pêcheurs d'hommes pour rassembler l’humanité entière dans les filets de l'église, pour nous faire sortir des eaux polluées, pour nous libérer de cette poubelle liquide et nous amener à des eaux pures et tranquilles. Cet immense lac cristallin où nous pouvons à nouveau respirer avec nos 2 branchies, c'est le royaume de Dieu.

Aujourd'hui, les initiatives pour nettoyer les océans sont en vogue. Aujourd'hui, Jésus aussi continue à appeler des disciples pour l'aider dans le grand nettoyage de notre environnement spirituel et moral : "Venez à moi et suivez-moi. Je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes".

Aussitôt, laissant leurs filets et leur père, ils suivirent Jésus. Et nous ? Sommes-nous détachés, suffisamment libres pour suivre Jésus en haute mer dans les eaux profondes ou est-ce que les aspirations de notre vie se contentent comme un poisson rouge dans son bocal, de tourner sa vie en rond, tourne en rond, tourne en rond (sans violons) dans son petit bocal aux bords sûrs et chauds de la fenêtre ?

A chacun sa réponse !

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