Homélie du Père Benoît - Dimanche 18 avril 2021

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N’est-ce-pas le rêve de Dieu pour chacun de nous : que son amour atteigne la perfection dans ma vie, dans votre vie ?

« Vous avez tué le Prince de la vie ! le Saint, le Juste ! » y a-t-il accusation ou culpabilité plus grave ? Saint Pierre, libéré de toute peur, accuse en face les hommes d’Israël d’avoir essayé de tuer Dieu mais n’ont pas réussi. Quelle est sa réponse ? Œil pour œil, dent pour dent ? La loi du talion ? Non, pas du tout, plutôt la miséricorde : « je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, mais ne péchez plus et convertissez-vous ! ». Réponse que Pierre avait appris de son Maître à la femme adultère : « Personne ne te condamne. Allez et ne péchez plus ! » Et Saint Jean dans la deuxième lecture ajoute que c’est ce même Juste qu’ils ont crucifié qui est maintenant devenu leur avocat, celui qui va les défendre auprès de son Père pour recevoir le pardon. Pour mieux comprendre, imaginons que le papa du gamin assassiné au mois de janvier aux Aubiers deviendrait l’avocat pour défendre les assassins de son propre fils et pour plaider leur innocence : ” ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, comme l’arme était automatique ce n’était pas leur faute mais la faute de l’arme … “

Jésus ressuscité n’a qu’un seul message, un seul vœu : « la paix soit avec vous ! ». La paix du cœur. Cette paix qui est seulement accessible par le pardon des péchés et la conversion. Et c’est aux témoins de sa résurrection que Jésus donne la mission de faire connaître au monde entier, à toutes les nations, que ce pardon, cette paix de cœur est accessible à tous par les blessures du Christ.

 

Dans l’évangile, Jésus révèle sa présence de 3 façons différentes, et les 3 manières qu’auront ses disciples pour le reconnaître jusqu’à la fin des temps : a) par la fraction du pain, sa présence réelle dans l’Eucharistie, l’hostie consacrée ; b) dans les Ecritures ou la Parole de Dieu (Jésus ouvrit leur intelligence à la compréhension des écritures qui parlaient de Lui. ) ; c) par ses blessures, les trous dans ses mains et dans ses pieds : Voyez mes mains et mes pieds ! C’est bien moi !

 

Benoît XVI expliqua : « Le Seigneur a apporté avec lui ses blessures dans l’éternité. C’est un Dieu blessé ; il s’est laissé blesser par amour pour nous. » Dans ses blessures, Jésus porte la marque de notre péché, comme les étiquettes de marque sur les vêtements. Pas de petit crocodile pour Jésus mais des trous dans ses mains et ses pieds. Car si le péché nous blesse dans nos vies personnelles, Jésus nous fait découvrir que le péché s’adresse avant tout à Dieu. Mais un Dieu qui continue à s’identifier totalement avec l’homme qui souffre. Aujourd’hui, Jésus continue à venir à notre rencontre dans nos frères qui portent des blessures. Et comme ils sont nombreux nos frères et sœurs blessés par la vie ! Est-ce que nous reconnaissons Jésus en eux ou restons-nous enfermés avec un cœur verrouillé ? Est-ce que la frayeur et la crainte nous paralysent devant la marque de Jésus, la souffrance ?

Juste avant la Semaine Sainte, les évêques de France, réunis à Lourdes, ont envoyé une lettre à tous les fidèles après une première analyse des résultats de la commission sur les abus sexuels sur les mineurs dans l’église depuis 1950 à 2014. Il s’agit d’un énorme fléau avec environ dix mille témoignages de victimes. Des personnes avec une perversion ont trouvé trop facilement l’accès à la prêtrise et se sont cachées à l’abris au sein de l’Eglise trop facilement. C’est sur qu’il s’agit seulement d’une petite minorité des prêtres mais les dégâts sont trop grands et trop nombreux. Maintenant il est temps pour écouter les victimes, reconnaître leurs blessures et essayer d’aider à soigner leurs plaies par un sincère pardon et recherche de justice. Aujourd’hui Jésus s’approche à nous à travers leurs blessures : la mémoire, les humiliations reçus et le pire, cette honte et fausse culpabilité avec lesquels leurs bourreaux les ont laissés seuls pendant le reste de leur vie. Les blessures d’enfants, victimes d’abus sexuels restent des trous ouverts dans les mains et les pieds, une plaie ouverte dans leur cœur transpercé, des épines dans leur tête. Reconnaissons en eux Jésus crucifié pour les aider à entrer aussi dans sa résurrection et dans sa paix.

 

Jésus savait que la foi dans sa résurrection serait mise à rude épreuve dans la vie de ses disciples de tous les temps. C’est aussi notre cas et beaucoup de saints sont passés par le doute. Et au moment de son ascension Jésus constatait que parmi ses propres disciples il y en avait encore qui doutaient. Mais des doutes dans le sens de difficultés à croire, des obstacles contre lesquels la raison se heurte, plutôt des tentations contre la foi. Quand saint cardinal Newman (et pas Newton comme erroné sur internet) écrit : « Dix mille difficultés ne font pas un doute » il explique que les difficultés à croire sont propres à la foi et que nous pouvons être tentés par le doute sans l’accepter, sans se laisser convaincre mais en gardant la foi.

Jésus a voulu nous aider par ses apparitions en laissant une impression dans nos 5 sens : faire l’expérience de sa présence pas seulement par nos yeux et par nos oreilles mais aussi par le toucher et par le goût et sans doute aussi l’odorat.

Quoi de plus aurait-t-il pu faire pour activer notre foi dans sa présence parmi nous dans son corps glorieux, plus que réel ?

Avec tout ça, deux mille ans plus tard ici au Sacré Coeur : connaissons-nous le Christ ?

Saint Jean nous répond : « voici comment nous savons que nous le connaissons : si nous gardons ses commandements. » et il termine que l’amour de Dieu peut atteindre la perfection en gardant la parole de Jésus.

N’est-ce-pas le rêve de Dieu pour chacun de nous : que son amour atteigne la perfection dans ma vie, dans votre vie ? Faisons du rêve de Dieu notre propre rêve, notre prière : Jésus ressuscité, aide-moi pour que ton amour puisse atteindre la perfection dans ma pauvre vie ! Amen.

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