Homélie du Père Benoît - Dimanche 2 Mai 2021

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"Si vous demeurez en moi, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous".

"Si vous demeurez en moi, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous". Cette idée revient 2 fois dans la liturgie de ce 5ème dimanche de Pâques, dans l'évangile et dans la 2ièmelecture : quoique que nous demandions à Dieu, nous le recevons de Lui.

Des paroles de Jésus pas faciles à croire de notre part, difficiles à accepter après l'expérience de la vie de chaque jour avec tant de prières non exaucées, tant de supplications restées apparemment sans réponses de la part d'un Dieu sourd et muet. (l'échec d'un de nos enfants dans ses études ou dans sa vie professionnelle; la guérison du cancer d'une jeune maman; la dépression ou le chômage d'un conjoint; le divorce d'un jeune couple; la fin d'une spirale de dettes, la réconciliation et le pardon dans les disputes familiales, la paix pour des guerres, obtenir justice dans un procès juridique, etc.)

Tant de drames qui ont quand même eu lieu malgré notre prière de supplication persévérante, malgré tant de cierges et de neuvaines. Comment Jésus peut-il nous dire : demandez tout ce que vous voulez et cela se réalisera pour vous ?

 

L'image de la vraie vigne peut nous éclairer : Jésus le Fils est la vigne, Dieu le Père est le vigneron et nous, les baptisés, nous sommes les sarments. Par notre baptême, nous sommes greffés dans la vigne. Nous commençons à recevoir la sève de la vigne, c'est- à- dire l'eau qui donne la vie, l'eau qui donne les fruits : c'est- à- dire l'Esprit Saint. Nous sommes nourris par la sève divine, la vie divine est en nous. C'est cela : demeurer en Jésus et laisser Dieu demeurer en nous. Le verbe -demeurer- se répète 12 fois dans l'évangile.

 

C'est d'abord Dieu qui a pris l'initiative de demeurer entre nous. A Noël, nous avons écouté : le verbe s'est fait chair et a habité parmi nous. Le Fils de Dieu est descendu du ciel pour planter sa tente, son tabernacle parmi nous, pour construire sa demeure. Par son incarnation le Christ s’est fait planter dans la terre. Par son humanité il a vraiment ancré ses racines dans la terre comme une vraie vigne. On m'a dit que les racines d'une vigne peuvent atteindre 12 mètres de profondeur. En même temps, par sa divinité, il est une vigne qui donne par sa sève la vie éternelle aux sarments, à chacun de nous.

 

Mais il ne suffit pas que Dieu demeure parmi nous. Jésus nous demande aussi de demeurer en lui. Demeurer évoque la durée, la persévérance dans le temps : rester, reposer. Aujourd'hui, le mot durable est à la mode. De partout on nous éduque que tous nos objets et nos économies devraient être durables. Un portable durable, des masques durables, des mouchoirs durables, etc. (sauf le mariage, exception pour les engagements qui ne peuvent plus être durables car en contradiction avec notre égoïsme, appelé aujourd’hui liberté ... bien que le contraire soit prôné sur le pot de Nutella ce matin au petit déje).

Donc finie la consommation jetable ! Notre relation avec Jésus doit aussi être durable, pas jetable. Des visites à l'église durables, savoir demeurer en adoration eucharistique, la prière où on se repose en Dieu. Pas de vite fait, vite, vite, une petite prière pour s'en débarrasser, se débarrasser de la présence de Jésus. Non, pas de prière jetable. Pas une vie dispersée par l'activisme comme les pigeons dans notre jardin, qui s'envolent et viennent se poser tout stressés, essayant de picorer les semences du nouveau gazon des pères.

 

Pourquoi un sarment existe-t-il ? Quel est le sens de la vie d'un sarment ?

Donner du fruit, produire des raisins, en quantité et en qualité. Alors qu'est-ce-que ce sarment va demander à la vigne ou au vigneron ? Quelle sera la prière de ce sarment ?

Est-ce-que ce sarment va demander au vigneron d'être coupé de la vigne pour sécher au soleil au bord d'une piscine sur un matelas près d'un cocotier avec un cocktail dans ses mains ? Ne va-t-il pas plutôt demander tout ce qui est nécessaire pour donner des bons fruits : de l'eau, de la lumière, de l'engrais, bio biensure, et ce sarment va même aller si loin dans sa prière de proposer d'être taillé pour être purifié. Il va même aller aussi loin que de s'offrir à souffrir si cela peut aider à porter plus de fruits.

Vous comprenez : c'est cette prière que Jésus nous dit qu'elle sera exaucée sans hésitation.

C'est vrai que dans les moments de souffrance dans notre vie, nous nous sentons comme jetés sous un pressoir, comme les grappes de raisin qui sont pressées complètement. Mais nous savons que, unis au Christ, nous devenons du vin mûr. Dieu sait transformer en amour aussi les choses pesantes et oppressantes de notre vie. Jésus lui- même porte sur lui chacun de nos péchés, de nos peurs et de nos souffrances, et à la fin, il nous purifie et nous transforme mystérieusement en bons sarments qui donnent du bon vin. Dieu comme un bon vigneron, nous taille, nous laisse pleurer parfois pour que nous donnions plus de raisins et moins de feuilles. Il empêche que nous donnions des raisins sauvages.

 

Fatigué, épuisé après 40 ans dans le désert, Moïse avait envoyé 12 hommes pour explorer la Terre Promise. Arrivés au centre du pays de Canaan, ces espions coupèrent une grappe de raisins qui était si grande et si lourde, qu'ils durent la suspendre sur une perche portée par deux hommes. Avec cette immense grappe, Moïse a pu convaincre tout le peuple d'Israël d'oser la rentrée dans la terre promise. Car le peuple d'Israël avait peur devant les sacrifices et les batailles de conquêtes à mener. La terre promise est le royaume de Dieu. Et nous, les enfants du royaume, les sarments, nous sommes appelés à convaincre nos compatriotes d'aujourd'hui de la beauté du Royaume de Dieu, de la beauté de l'église, comme vigne ou porte de la terre promise, le ciel.

Nous aussi, nous devons produire des grappes de cette taille-là : XXL ou XXXL, suspendues à une perche portée par 2 hommes ! Les fruits de notre charité doivent convaincre nos frères et sœurs restés dans le désert de notre monde avec tant de désespoir et de peurs.

 

Donnons envie à nos contemporains par notre joie et notre humilité à entrer dans la terre promise, à chercher Dieu. Pour que les raisins de la vraie vigne leur donnent l'eau à la bouche.

"Soyez pour moi des disciples" nous demande Jésus. Alors soyons ses disciples en vérité et en actes. Amen.

 

 

PS Idées et citations reprises d’homélies du Pape Benoît XVI et Saint Augustin.

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