Homélie du père Benoît - Dimanche 27 février 2022

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Nous t’en prions, Seigneur, accorde-nous de vivre dans un monde où les événements se déroulent selon ton dessein de paix, et où ton Eglise connaisse la joie de te servir dans la sérénité

Sacré Cœur / Belcier, 27 février 2022

En ces tristes jours où nos réseaux et chaînes d’information sont bombardés aussi par le vocabulaire belligérant, simpliste et accusatrice de la propagande de guerre de tous les côtés, comment ne pas commencer notre réflexion avec la prière collecte que nous avons priée ensemble au début de cette Messe :  

« Nous t’en prions, Seigneur, accorde-nous de vivre dans un monde où les événements se déroulent selon ton dessein de paix, et où ton Eglise connaisse la joie de te servir dans la sérénité. »

Dans la première lecture, le fils de Sira le Sage nous avertit et nous invite à nous méfier de la personne « sois belle et tais-toi ». Ces personnes pleines de charme extérieur, des beautés qui suscitent et attirent toutes les affections mais dès qu’elles ouvrent la bouche, dès qu’elles parlent, leurs paroles font fuir tout le monde avec une grande déception. Une seule de leurs paroles transforme l’attraction en répulsion. Nos paroles comme nos actes sont nos fruits. Des fruits qui ont été nourris et mûris par la sève qui vient de notre cœur et de nos pensées. Un bon cœur donne de bonnes pensées, des bonnes pensées suscitent de bonnes paroles et de bonnes actions. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon nous dit Jésus. Un bon arbre donne de bons fruits. A chacun de nous donc, de bien cultiver notre cœur comme une saine permaculture pour nourrir les racines qui sont nos pensées. Et le carême est cette période providentielle pour prendre des moments à nous enfermer seuls dans notre petit potager intérieur pour préparer la bonne terre de notre cœur et enlever les mauvaises herbes.

Ne perdons pas de temps à essayer d’enlever la poutre des puissants de ce monde qui font la guerre mais commençons à laver nos propres yeux. On peut être aveuglé, soit à cause de nos yeux malades, soit à cause d’un manque de lumière. Pas de doute que la famille humaine entière se dirige droit vers le trou pour y tomber comme des aveugles guidés par des aveugles. Car l’essentiel manque : la lumière, la lumière de la foi. Le titre de la dernière encyclique de Benoît XVI, première encyclique du Pape François, encyclique écrite à 4 mains, un bijou. La lumière de la foi.

Quelques pensées de cet enseignement pontifical qui expliquent bien l’actualité :

[Après le siècle des lumières et le positivisme] on a vu cependant, peu à peu, que la seule lumière de la raison considérée autonome n’a pas réussi à éclairer assez l’avenir ; elle reste en fin de compte dans son obscurité et laisse l’homme dans la peur de l’inconnu. Ainsi l’homme a-t-il renoncé à la recherche d’une Grande Lumière, d’une Grande Vérité, pour se contenter des petites lumières qui éclairent l’immédiat, mais qui sont incapables de montrer la route. Quand manque la lumière, tout devient confus, il est impossible de distinguer le bien du mal, de distinguer la route qui conduit à notre destination de celle qui nous fait tourner en rond, sans direction.

Il est urgent de récupérer le caractère particulier de la lumière de la foi parce que, lorsque sa flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur. La lumière de la foi possède, en effet, un caractère singulier, étant capable d’éclairer toute l’existence de l’homme.

Pour qu’une lumière soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous-mêmes, elle doit venir d’une source plus transcendante, elle doit venir, en définitive, de Dieu.

Quand la foi diminue, il y a le risque que même les fondements de l’existence s’écroulent, comme le prévoyait le poète Thomas Elliot : « Avez-vous peut être besoin qu’on vous dise que même ces modestes succès, qui vous permettent d’être fiers d’une société éduquée, survivront difficilement à la foi à laquelle ils doivent leur signification ? ». Si nous faisons disparaître la foi en Dieu de nos villes, la confiance entre nous s’affaiblira. Nous nous tiendrons unis seulement par la peur, et la stabilité serait menacée.

Elliot évalue nos avances scientifiques comme modestes succès. Notre connaissance scientifique qui est accumulative. Chaque génération construit sa connaissance sur le savoir-faire des générations précédentes comme des pièces légo se posent une sur l’autre et font grandir. Mais avec notre connaissance morale ce n’est pas ainsi. Avons-nous plus de cœur et de respect pour les personnes âgées, ou pour l’enfant avec handicap, né ou pas encore né ou pour le pauvre comme nos ancêtre l’ont eu le siècle dernier ? Oui, des structures, des accès, la signalétique, des paroles pour leur bien, oui, beaucoup plus, mais notre cœur, notre temps, nos moyens personnels ? La formation et la construction de la connaissance morale n’est pas accumulative mais doit recommencer à chaque nouvelle génération par l’éducation. Une lamentable constatation des deux est que l’humanité continue à faire la guerre mais avec des armes de plus en plus sophistiquées. Et ce ne sont pas les Belges qui inventeront des armes qui ne tuent pas ou ne détruisent pas …

 

A nous, d’ouvrir tout entier le trésor de notre cœur pour que la bonté y déborde, pour que nos paroles aussi soient des fleuves d’étincelles lumineuses de bonté. N’arrêtons pas de faire le bien. Comme Saint Paul nous demande dans la deuxième lecture : prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur. La question pour cette semaine : comment peux-tu prendre une part plus active dans la mission de Jésus ?

Mettons nos peurs de côté car la mort a été engloutie dans la victoire du Christ. Ô mort, où est ta victoire ? En Ukraine ? en Russie ? En Afrique ? dans nos hôpitaux ? Sur Golgotha ? Ô mort, où est-il ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, de la guerre, des disputes est le péché, notre péché.

Que les larmes de notre prière n’effacent pas seulement la poutre, mais lavent aussi les pailles de nos yeux pour qu’on puisse voir clairement la vérité et les indices de Dieu pour notre époque.

Oui, Seigneur, nous t’en prions, accorde-nous de vivre dans un monde où les événements se déroulent selon ton dessein de paix, et où ton Eglise connaisse la joie de te servir dans la sérénité. 

Amen.

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