Homélie du père Benoît - Dimanche 28 janvier 2024

installation Père Benoit-13

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !

« Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! »

Les habitants de Capharnaüm (les Caphar-na-rds… ) restent bouche bée devant l’enseignement de Jésus et son autorité dans la synagogue. Dans chaque synagogue se trouve la chaire de Moïse rappelant aux Israélites que Dieu a donné son autorité à Moïse. Ce même Moïse qui a promis la venue d’un prophète comme lui-même et encore plus grand.

Sur le mont Horeb dans le désert, les ancêtres ont eu la trouille des manifestations de Dieu par les forces de la nature. Ils ont été terrifiés à mourir. Ils ont supplié pour avoir un intermédiaire, un prophète qui viendrait parler au nom du Seigneur Dieu. Et Dieu a exaucé leur prière. Il a envoyé son propre fils devenu homme pour que personne ne puisse plus avoir peur de Dieu.

Ce moment est arrivé pour Capharnaüm. Jésus Christ, le nouveau et vrai Moïse, s’est élevé parmi ses frères et se trouve face à eux. Oui, le Règne de Dieu est arrivé ! Jésus montre par ses actes qu’il n’a pas seulement l’autorité mais aussi le pouvoir divin reçu de son Père : il pardonne les péchés, guérit les malades et chasse les démons. Je pense que la traduction des paroles de Jésus à l’esprit impur est trop soft, trop doux. Pour que la foule est restée frappée de stupeur, je m’imagine plutôt : « Ta gueule ! Casse toi ! Et l’esprit impur, poussant un grand cri, sortit de lui. » Au démon, on s’adresse comme à une bête sauvage car il est pire. (un de nos jeunes bénévoles de langue étrangère, apprenant encore le français correct, voulait dire au Père George qu’il ne devait plus les attendre dans leur bureau et il a dit : Casse toi, Père George … On ne parle pas ainsi à un père, oui, au démon … )

Imaginez-vous la joie de l’homme qui a été libéré ! Imaginez-vous la joie et l’enthousiasme dans toute la ville de Capharnaüm ce jour-là et les jours suivants ! Le Règne de Dieu est arrivé ! Le Messie, notre Sauveur est parmi nous ! Un enseignement nouveau pour la création de l’homme nouveau !

Mais qu’est devenue cette joie de la Bonne Nouvelle aujourd’hui, 28 janvier 2024 ?

Combien des 8 milliards d’êtres humains sur notre planète savent que Dieu a déjà envoyé son Fils pour nous réconcilier avec le Père et pour nous donner la vie éternelle par la résurrection ?

Combien des 66 millions de Français savent que Jésus a donné sa vie sur la croix par amour pour chacun de nous ? Qu’il a vaincu la mort et le mal en déclenchant l’espérance du bonheur éternel ?

Très peu. Très, très peu. Trop peu. Et de moins en moins.

Quelle tristesse ! Bonjour tristesse ! Comme des condamnés à la prison à perpétuité qui reçoivent la nouvelle qu’ils ont été graciés dès le début mais cette bonne nouvelle ne leur est jamais arrivée aux oreilles …

Alors, qu’est-ce que nous attendons pour que cet analphabétisme de l’Evangile puisse se résoudre ? Que Jésus revienne en personne ? Ici dans cette basilique comme dans la synagogue de Capharnaüm ? Qu’Il fasse quelques miracles ? ( ta gueule ! Casse toi !)

Qu’est-ce que vous attendez pour que Jésus soit connu, aimé et suivi ? Un nouveau curé ? Un nouveau pape ? ( ou un nouveau président … ) Une nouvelle conversion de saint Paul ?

Chers paroissiens, cette autorité et ce pouvoir de Jésus qui ont laissé bouche bée Capharnaüm, Jésus vous les a transmis à vous tous, à chaque baptisé !

Saint Luc écrit : « Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades. » (Lc 9, 1.2)

Ici présent, qui est déjà baptisé ?

Sachez que c’est vous, chacun de nous, que Jésus envoie aujourd’hui en mission. Proclamer l’Evangile, la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Ce n’est rien d’autre que de témoigner que Dieu a tant aimé le monde qu’Il nous a envoyé son Fils unique pour nous redonner la vie éternelle que nous avions perdue à cause du péché. Simplement, être témoin de la joie qui nous comble en se sachant aimé personnellement et infiniment par Dieu qui est un Père Miséricordieux.

La mission est urgente. Un monde sans Dieu s’autodétruit par tant de formes de souffrances. Une honte que 2 mille ans après la mort et la résurrection de Jésus, après des dizaines de milliers de martyrs et de saints, témoins crédibles, les disciples de Jésus restent un tout petit troupeau.

Avec quelques paroissiens de toutes les paroisses de Bordeaux Centre, nous avons participé au parcours de l’Ecole Diocésaine de la Mission qui transmet des outils pour nous aider à devenir des communautés plus missionnaires, des disciples missionnaires plus orientés vers les périphéries, vers nos frères et sœurs qui n’ont jamais entendu parler de Jésus.

Il y a autant de manières d’être disciples missionnaires qu’il y a d’êtres humains : chacun à sa façon, de la simple présence et humble écoute à l’enseignement et proclamation active, mais aussi humble et toujours enracinée dans un témoignage de vie cohérent et dans un amour ardent et personnel pour le Christ. Ce témoignage de vie chrétienne sera d’autant plus convaincant si nous ne le vivons pas seuls mais en fraternités.

Notre archevêque vient de le répéter jeudi dernier pour la fête de la conversion de st Paul : la seule raison d’être de l’Eglise est celle d’évangéliser. La seule raison ultime pour laquelle notre belle basilique st Michel a été construite est d’évangéliser. Si nous nous réunissons ici chaque dimanche pour célébrer l’Eucharistie, c’est pour nous nourrir de force et d’amour et retourner à nos lieux de vie pour y proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Tout cela est déjà écrit et prévu dans notre projet pastoral de notre nouvelle paroisse Saint Jean Apôtre. Mais le feu de l’Esprit Saint ne peut pas se limiter à de belles lettres écrites sur papier ou sur ordinateur. Le feu doit brûler ! Le feu missionnaire doit brûler dans le cœur de chaque paroissien ! Ainsi les Bordelais, proches ou éloignés de l’Eglise, pourront s’exclamer aussi, bouche bée : «Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! »

Amen.

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+