Homélie du père Benoît - Dimanche 3 octobre 2021

installation Père Benoit-13

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Parler du mariage selon le dessein de Dieu aujourd’hui est devenu presque impossible.

Bordeaux, 3 octobre 2021

Parler du mariage selon le dessein de Dieu aujourd’hui est devenu presque impossible. Car nous ne voulons juger personne. Blesser encore plus nos frères et sœurs qui souffrent à cause d’un mariage échoué serait le contraire de proclamer la Bonne Nouvelle.

Benoît XVI nous rappelle que les lectures de ce dimanche nous parlent plus radicalement de la suprématie de Dieu. C’est Lui le Créateur, c’est Lui, l’origine de tout ce qui existe. Dieu est le Seigneur et c’est Lui qui nous a faits. C’est Lui qui a mis des lois dans son œuvre selon un dessein : les lois scientifiques, les lois de la biologie, de la raison. Les scientifiques n’ont pas inventé les lois naturelles, non, ils les ont seulement découvertes.

Aujourd’hui l’Evangile s’oppose à la dictature de l’idéologie du genre en nous rappelant que c’est Dieu Amour qui a créé l’être humain sexué, homme et femme et que cette polarité est une bonne chose, que cette complémentarité relationnelle est une bonne nouvelle.

Il y a une semaine dans le journal Sud Ouest : bientôt, il n’y aura plus que des toilettes unisexe dans les écoles : quel progrès dans le respect pour la dignité de la femme ! Pauvres filles bientôt obligées de supporter les manques de délicatesses et surtout les manques de précision des garçons, pas seulement dans les salles de classes et à la cantine mais bientôt aussi dans les toilettes ! … Quel progrès ! Chapeau !

Homme et femme, Dieu les créa, pour devenir une seule chair, pour devenir reflet, indice de la Sainte Trinité dans son œuvre d’art. Comme Dieu Amour est une communion de relations, l’être humain aussi trouve son bonheur dans une communion de relations. Comme Dieu le Père se donne totalement au Fils et le Fils se donne totalement au Père, ainsi l’homme se donne à la femme et la femme à l’homme devenant une seule chair.

L’Eglise prend la biologie, la science au sérieux. Aujourd’hui, on réduit ‘se marier à l’église’ à la seule promesse de fidélité, amour rime avec toujours. C’est vrai, la fidélité est un pilier du mariage très important, essentiel mais pas suffisant. Devenir une seule chair de la Bible ne se réfère pas à se promener la main dans la main autour du lac de Bègles, plein de romantisme, en se regardant longtemps dans les yeux et en s’écoutant sans oreillettes, sans casque... Non. Devenir une seule chair se passe à l’étage dans la chambre nuptiale. Dieu Amour, totalement un et source de vie. Homme et femme, amoureux, devenus un et source de vie. Ils sont sacrement : signe visible, signe sensible (et de quelle intensité !?) de Dieu invisible. Et comme le prêtre a du mal à monter les escaliers en soutane vers les étages et les chambres nuptiales, ce sacrement de mariage est avancé dans le temps et déplacé devant l’autel dans une église. Le seul sacrament dispensé au lit est l’extrême onction …

Et où se trouve la place de la belle-mère dans tout ça ? « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un ». Quitter sa mère, couper le cordon ombilical, pas seulement physiquement en déménageant dans une autre maison mais en prenant son indépendance effective et affective. Avec les prix exorbitants des loyers , beaucoup de familles sont obligées de prendre la belle-mère sous le même toit et entre les mêmes parois pour respecter le commandement de Dieu d’honorer ses parents et de prendre soin d’eux. Mais tant de problèmes, de tensions et de malentendus qui changent la vie, soit de la belle fille, soit de la belle-mère, soit des deux en petit ou grand inferno.

Et ce n’est ni la faute de la belle-mère, ni la faute de la belle fille. C’est simplement la nature des choses : une personne qui a donné sa vie, ses forces, tout son amour pour construire un nid, bon et chaud et qui se trouve maintenant dans un autre nid, plus jeune et différent. Un jour en Seine et Marne, j’avais prêché la même chose et une jeune maman est venue me parler : « merci père, on loge ma belle mère chez nous et je pensais que j’étais une mauvaise belle fille, que j’étais la cause de toutes les tensions. » Beh, non, c’est tout à fait normal et naturel. A Bordeaux ce sera peut-être une belle-mère qui viendra après la Messe me raconter pareille mauvaise conscience…

Jésus termine son enseignement qui était pour les apôtres aussi, exigeant et rude en plaçant des enfants au centre comme exemple. Pourquoi ? Parce que les paroles de Jésus sur l’indissolubilité du mariage ne sont pas moralisantes mais évoquent le primat du Dieu, Amour Créateur, la présence absolue de sa Seigneurie. Et ce sont les enfants qui savent accueillir le mieux cette Seigneurie. Un enfant trouve tout à fait normal qu’il y ait des adultes plus forts, plus intelligents, plus grands au-dessus de lui et qu’il dépend d’eux pour manger et pour vivre. L’enfant accepte spontanément qu’il a reçu la vie d’un père et d’une mère.

L’adulte a du mal à reconnaître qu’il y a un Dieu plus grand, plus intelligent et plus fort au-dessus de lui. Le bobo a du mal à reconnaître qu’il a reçu la vie d’un Père infiniment grand et infiniment bon. Une reconnaissance et humilité, condition nécessaire pour entrer dans le Royaume de Dieu.

Un enfant même quand il a commis une bêtise, même quand il a déçu ses parents, ne met pas en doute l’amour de ses parents. Pareil pour nous, si notre vie relationelle a eu ses échecs, ne mettons jamais l’amour de Dieu pour nous en doute!

Le Christ nous a aimés d’un amour fidèle jusqu’à la Croix. Soyons Chrétiens, nous aussi. Amen.

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