Homélie du père Benoît - Dimanche 30 octobre 2022

installation Père Benoit-13

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Zachée, qui as-tu vu du haut de ton arbre, toi, perché comme un petit singe sur sa branche?

St Jean de Belcier, Sacré Cœur, 30 octobre 2022

Zachée, qui as-tu vu du haut de ton arbre, toi, perché comme un petit singe sur sa branche?

Toi, le collecteur d’impôts, un homme riche avec les poches remplies de l’argent que tu as pris dans les poches des pauvres, tu es monté comme un écureuil sur un arbre et tu attends sur une branche comme un paresseux, un aï haï par la foule, et collaborateur des Romains occupants.

  • J’ai vu un homme d’à peu près 30 ans, qui marchait d’un pas décisif, entouré de 12 disciples, des gens simples et pas très instruits. Mais c’est plutôt lui qui m’a repéré. Il traçait son chemin dans la foule, son regard et ses bras baissés pour consoler et guérir les malades et les misérables étendus sur le trottoir, et en passant sous le sycomore, mon refuge, tout à coup ce Jésus a levé son regard vers moi alors que j’étais camouflé par les feuilles, et il m’a appelé par mon nom.

Oh, Zachée, ce ne sont pas plutôt tes péchés qui t’ont camouflé au regard de Dieu ? Et ce n’est pas plutôt ta petite taille spirituelle et morale qui t’ont empêché de voir Jésus, de reconnaitre la présence de Dieu dans le monde et qui t’ont obligé à jouer les louveteaux en grimpant dans les arbres ? C’est vrai que les foules de toutes les époques font souvent obstacle pour rencontrer le Fils de Dieu par la pensée unique et le politiquement correct. Et de plus, ta petitesse en générosité, ton avarice et ton train de vie de luxe t’avaient rendu détestable aux yeux de cette même foule.

  • C’est vrai, j’étais pauvre en humanité et malheureux car sans paix dans mon cœur. Une petite étincelle dans ma conscience désirait voir Jésus dont on disait tant de choses. Des miracles, des guérisons et puis des paroles, des paroles que je n’arrive pas à effacer de ma mémoire : il appelait bienheureux les pauvres de cœur, bienheureux ceux qui pleurent, ceux qui ont soif et faim de la justice et de la paix … et moi qui étais riche matériellement, qui ne pensait qu’aux plaisirs de ce monde, aux distractions, je me sentais vide et pauvre intérieurement. Mais une petite flamme, comme une veilleuse brûlait en moi, une espérance.

Oh, Zachée, mais comment Jésus a-t-il connu ton nom ? Ton nom n’était pas inscrit sur ton front !

  • Mais ce Jésus est le Messie, Il m’a sauvé. Donc mon nom était gravé depuis toute éternité dans les paumes de ses mains, dans le cœur de Dieu. Ce que j’ignorais à cause de ma petite taille spirituelle. Mais lui, il m’a appelé par mon nom, il m’a dit de descendre et le comble, il a dit qu’il voulait venir demeurer dans ma maison.

Oh, Zachée, pécheur pardonné. Tu n’es plus la même personne. Tu es descendu de ton piédestal et tu as ravalé ton orgueil. Tu as remis les pieds sur terre, dans le monde réel. Tu n’es plus la même personne. Tu es devenu grand en t’abaissant. Tu as repris une place au même niveau que le peuple. Par un partage et une redistribution réparatrice et généreuse de tes richesses malhonnêtes, tu as créé la communion.

  • Oui, mais surtout la joie ! Quelle explosion de joie au moment d’avoir été appelé par mon nom ! Fini les sobriquets de collabo, doigts crochus, profiteur …

J’ai découvert la Sagesse de Dieu qui prend pitié, qui ferme les yeux sur les péchés pour que les pécheurs se convertissent. La Sagesse qui aime tout ce qui existe, qui n’a pas de répulsion envers aucune créature, qui ne peut pas haïr ce qu’il a créé. Il ne connaît pas la haine comme je l’ai ressentie de la part des foules en souffrance à cause de ma propre faute.

Oh, Zachée, tu as voulu voir Jésus et tu l’as rencontré. Plus encore, le Christ a pris demeure en ta maison. Nous non plus, Zachée, nous ne sommes pas dignes de recevoir le Christ dans notre maison mais une seule parole de Jésus nous guérit. Zachée, aujourd’hui tu as fait ta première communion, ton premier moment de communion avec Jésus.

  • En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu, chacun de nous et moi le premier. L’arbre de la connaissance du mal et du bien du paradis a fait tomber Adam et Eve et tous leurs descendants. L’arbre de Jéricho est devenu mon trampoline vers le salut.

Amen.

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