Homélie du père Benoît - Dimanche 5 septembre 2021

installation Père Benoit-13

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Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu.

Sacré Cœur de Bordeaux, 5 septembre 2021

« Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu ! »

paroles de Dieu de la Première Lecture. Dieu pardonne toujours, l’être humain parfois mais la nature jamais. Comment la Bible peut-elle parler d’une vengeance de Dieu ? Nous présenter un Dieu vengeur ? Lisons la suite : les yeux des aveugles, les oreilles des sourds et la bouche du muet s’ouvriront et le boiteux bondira comme un cerf. La vengeance de Dieu c’est des bienfaits, guérisons et plénitude. La vengeance de Dieu est la victoire sur le mal par le bien. La vengeance de Dieu est miséricorde, c’est la croix de Jésus Christ !

Jésus guérit un sourd-muet comme le signe que la prophétie d’Isaïe est accomplie dans sa personne. Le miracle montre que c’est lui, Jésus, la vengeance de Dieu, le fils envoyé du ciel pour nous guérir. Jésus ne connaît pas les gestes barrières, les Evangiles ne se prononcent pas sur la vaccination mais : il met les doigts carrément dans les oreilles, touche sa langue bien collante avec sa salive et lui dit : « Effatà», ouvre-toi en araméen, langue maternelle de Jésus. Et il était guéri.

Pendant nos vacances près de Pau, les pères, nous avons revu le film Marie Heurtin, l’histoire de cette jeune fille aveugle, sourde et muette, et comment une religieuse, sœur Sainte Marguerite arrive petit à petit, en 10 ans, à lui apprendre un langage de communication basé sur le toucher et l’odorat. La religieuse arrive finalement à faire comprendre à Marie Heurtin des notions abstraites comme l’amitié, l’amour, la mort et le ciel. L’âme dans un corps aveugle, sourd et privé d’un langage est une âme en prison, totalement refermée sur elle-même car privée de toute forme de communication, privée des relations vitales. La religieuse réussit à ouvrir cette prison, à élever cette jeune fille d’un état presque bestial à la dignité humaine.

Benoît XVI rappela que la fermeture de l’homme, son isolement, ne dépend pas seulement des organes des sens mais qu’il y a une fermeture intérieure qui concerne le noyau profond de la personne : son cœur. Un cœur aveugle, un cœur sourd, un cœur dur et froid. C’est ce cœur que Jésus est venu « ouvrir », effatà, pour nous guérir et rendre capable de vivre pleinement la relation avec Dieu et avec notre prochain. Ce petit mot « effatà – ouvre-toi » est un résumé de toute la mission du Christ. Jésus s’est fait homme afin que l’homme, rendu intérieurement sourd et muet par le péché, devienne à nouveau capable d’écouter la voix de Dieu, la voix de l’Amour qui parle à son cœur pour que son âme sorte de la prison de l’égoïsme et apprenne à parler à son tour le langage de l’amour, à communiquer avec Dieu et avec les autres. C’est pour cette raison que le mot et le geste de l’« effatà » ont été intégrés dans le rite du baptême, comme l’un des signes qui en expliquent la signification: le prêtre, en touchant la bouche et les oreilles du nouveau baptisé , oui de Rosélina et de Lulu après la Messe, dira : « Effatà », en priant pour qu’elles puissent écouter la Parole de Dieu et professer leur foi. Par le baptême, la personne humaine commence, pour ainsi dire à « respirer » l’Esprit Saint, celui que Jésus avait demandé au Père à travers ce profond soupir, pour guérir le sourd-muet.

Le sourd-muet de l’Evangile est l’image de nous-même qui nous faisons souvent sourds spirituellement, aveugle de cœur. St. Jacques nous corrige dans la deuxième lecture à ne pas d’avoir de partialité envers les personnes, à ne pas juger sur l’apparence. A ne pas faire de différence entre celle qui vient à la messe en Tesla ou celui qui pousse sa Dacia ; entre celui vêtu des grandes marques de la rue Sainte Cathérine ou celle qui a trouvé des tissus pour se couvrir au Bon Coin ou auprès du Macadam Café ; entre celle qui fait des appels avec un Iphone 12 ou celui qui se patiente avec un aï aï aï phone 13 chinois... Pour Dieu nous sommes tous ses enfants à part égaux.

Le sourd-muet est l’image d’une société refermée sur elle-même, une société prison, une société auto-référentielle, trop souvent sourde aux cris de la misère et trop souvent muette devant les injustices.

Pour Marie Heurtin, la mort de sœur Sainte Marguerite, son éducatrice et libératrice a été un coup très dur mais elle a persévéré et elle-même est devenue éducatrice pour d’autres filles comme elle, aveugles, sourdes et muettes.

A travers la mort et la résurrection de Jésus Christ, notre éducateur et libérateur, lui qui a dit à notre cœur « effatà – ouvre-toi », nous aussi, par notre baptême, nous devons persévérer en devenant éducateurs et libérateurs pour nos frères et sœurs qui sont encore spirituellement sourds, muets ou aveugles. Crions de toutes nos forces sur les places, terrasses et grandes surfaces : Effatà ! Ouvrez votre cœur à la Parole de Dieu qui donne la vie au monde ! Amen !

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