Homélie du père Benoît - Dimanche 6 novembre 2022

installation Père Benoit-13

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La fin de l’année liturgique s’approche.

Ste Croix, St Michel , 6 novembre 2022

La fin de l’année liturgique s’approche. Les horloges et les montres se sont mises toutes seules sur l’horaire d’hiver, les feuilles tombent sous les tempêtes, et l’Eglise nous présente des lectures de la Bible qui nous invitent à méditer sur les vérités ultimes : la vie de chacun de nous ici sur terre aura sa fin, tôt ou tard, mais on y passera tous. C’est la grande égalité entre nous tous. Mais qu’y a-t-il après ? Le thème de ce 32ème dimanche est la foi dans la résurrection des morts comme force de vie.

Retournons à la Première Lecture et à l’Evangile que nous venons d’écouter. Ce sont deux histoires parallèles, des petits films comme sur youtube ou si on préfère, deux BD (bandes dessinées) avec les mêmes personnages mais dans des autres costumes.

Qui sont ces personnages ? (des frères, combien ? 7 Que font-ils ? Ils meurent l’un après l’autre, d’abord le frère aîné jusqu’au plus jeune)

Dans la première histoire, il s’agit des 7 frères de la famille Macabée, une famille juive de l’Ancien Testament, une famille de la résistance. Israël était occupé par des forces grecques et les tyrans grecs voulaient détruire la foi des Juifs en un seul Dieu, le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob, notre Dieu. Les Musulmans d’aujourd’hui ont repris la croyance des Juifs sur l’interdiction de manger du porc. Eux, ils pensent que c’est une loi divine, un commandement de Dieu de ne pas pouvoir manger du porc. Pour nous, c’est un peu difficile de comprendre ça. Nous sommes plutôt comme Obélix : il adore manger plusieurs sangliers et quand il va en Espagne, un Espagnol lui dit : « Quelle cochonnerie, manger du sanglier ! » Et Obelix est tellement froissé et indigné qu’il répond : « Quoi, une cochonnerie, du sanglier ?! Comment ose-t-on dire une telle bêtise ! ». Les raisons et racines sont culturelles, historiques : dans des pays hyper chauds sans frigo et avec très peu d’exercice physique, le cochon est trop gras, c’est une bombe à bactéries qui devient nocif pour la santé. C’est une coutume d’hygiène positive, une loi sanitaire qui cherche le bien-être, que ces peuples ont mis dans la bouche de Dieu. C’est comme si aujourd’hui on disait que Dieu nous a obligé à porter le masque …

Retournons aux méchants grecs : contre menaces de mort, ils obligent ces 7 frères à manger du porc, donc à aller contre la loi qui pour eux venait de Dieu. Ce qui est magnifique : tous ces 7 frères préfèrent être tués que transgresser la loi de Dieu. Ils préfèrent rester fidèles à Dieu que de nier leur foi. Ils subissent des tortures affreuses. Mais d’où viennent la force et le courage de ces 7 frères ? Comme Astérix, ils ont une potion magique, une arme secrète. Qu’est-ce qui leur donne cette force ? C’est leur foi dans la résurrection qui leur donne cette force. Parce qu’ils sont convaincus qu’après leur mort, Dieu ressuscitera leurs corps et leurs âmes. La foi dans la résurrection nous donne une force extraordinaire à vivre les vertus dans notre vie actuelle : la fidélité, la générosité, le don de soi et toutes les autres vertus. Si dans notre société, il y a si peu de fidélité, si peu de vertus, n’y a-t-il pas un lien avec une faible foi dans la résurrection ?

Terminons avec la BD, un peu bizarre, de mauvais goût, tirée par les cheveux, des Sadducéens dans l’Evangile : ces Sadducéens n’avaient pas de potion magique, ils ne croyaient pas dans la résurrection et pour cela, toute la promesse de Dieu à Abraham d’avoir une descendance aussi nombreuse que les étoiles du firmament ou comme les grains de sable, devait se réaliser ici sur terre. Un père de famille devait pouvoir assurer une descendance. De plus, les Juifs attendaient le Messie comme fils de David. Ne pas avoir d’enfants était considéré comme un risque de freiner ou bloquer la venue du Messie. Pour cela, cet exemple mesquin de la pauvre veuve qui doit se remarier contrainte et forcée avec chacun des 6 jeunes frères de son premier mari. La réponse de Jésus est très claire : pauvres Sadducéens, vous n’avez pas la potion magique, vous n’avez pas la foi dans la résurrection, nulle est votre espérance dans la vie éternelle, une vie qui dépassera totalement les merveilles de notre imagination : nous serons comme des anges. L’état de notre corps glorieux dans le ciel dépasse notre imagination et certainement nos pauvres représentations terrestres.

En visitant un cimetière pour y prier pour les défunts pendant la semaine qui suit le 2 novembre, l’Eglise nous offre une indulgence. Avant-hier, j’ai pu visiter un cimetière avec beaucoup de tombeaux de soldats et je me suis souvenu d’une phrase qu’on attribue au Pape Benoît XVI : « Quand une société n’a plus de valeurs pour lesquels on est prêt à mourir, cette même société n’a plus de valeurs par lesquels elle peut vivre. »

Jésus Christ nous a donné la potion magique : la foi dans la résurrection. Cette foi est une force qui peut faire bouger des montagnes et faire passer les épreuves les plus difficiles de la vie. Soyons tous des Chrétiens de résurrection ! Notre Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.

Amen.

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