Homélie du père Benoît - Dimanche 7 novembre 2021

installation Père Benoit-13

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Ce n’est pas la plénitude de la salle d’audience qui indique l’importance mais c’est le travail des petites commissions derrière les coulisses qui fera la différence

Bordeaux, Sacré Coeur, 7 novembre 2021

Avant-hier, à Glasgow en Ecosse, à la conférence des grands de ce monde qui sont en train de régler le thermostat de notre planète pour les années à venir, le premier ministre belge a donné son discours plein de sagesse devant une grande salle vide… Devant les rires et les moqueries pour cette histoire belge, le ministre s’est défendu : « ce n’est pas la plénitude de la salle d’audience qui indique l’importance mais c’est le travail des petites commissions derrière les coulisses qui fera la différence. »

Jésus nous enseigne quelque chose de similaire : ce n’est pas la quantité, la plénitude du tronc ou du panier de la quête mais c’est la qualité, plutôt cachée, c’est l’amour, plutôt invisible, avec lequel on donne qui fera la différence.

Ce n’est pas une parabole mais un fait historique que Jésus observe les gens dans le temple à Jérusalem, là où les fidèles peuvent déposer leur offrande. Jésus est ému par les 2 petites pièces d’une veuve : elle a donné beaucoup plus que quelques riches. Donc ces 2 centimes valent beaucoup plus que les plus grands billets ou les grandes pièces d’or. Comment ?

Pour Dieu, c’est l’amour du geste qui compte. Donner de son superflu ne demande pas beaucoup d’amour, donner de son indigence exige beaucoup d’amour. Quand on donne de son superflu, on peut rester attaché à ses richesses, à ses biens ; donner de son indigence exige un détachement total du peu que l’on possède. Au pire, donner de son superflu peut encore flatter sa vanité, construire son image de personne généreuse.

La veuve de la ville de Sarepta de la première lecture est si pauvre qu’elle se prépare à mourir avec son fils à cause de la famine et de la sécheresse. L’assurance vie, la mutuelle santé et l’état assistant social n’existaient pas encore. Et elle n’a plus rien, même plus de pain. Seulement une poignée de farine et un peu d’huile.

Et maintenant Dieu demande à cette pauvre veuve, par l’intermédiaire de son prophète Elie, de le servir d’abord, de lui donner à manger le peu qui lui reste. On dirait que Dieu semble un peu cruel, qu’Il veut accélérer la mort de la veuve et de son fils. Mais elle reçoit cette magnifique promesse : la jarre de farine ne s’épuisera pas, le vase d’huile ne se videra pas ! (c’est incroyable : imagine-toi que ton pot de Nutella tout à coup ne se vide jamais ou que la bouteille de vin ou de bière de ton papa ne se vide jamais … ça donnerait des problèmes, après tout, peut-être mieux qu’elle se vide cette bouteille … ) 

Cette pauvre veuve a mis Dieu à la première place dans sa vie, « Dieu premier servi, Dieu d’abord et après moi », elle a eu confiance dans la promesse et la Parole de Dieu, elle a servi en tout donnant. A cause de sa foi, de sa confiance et de sa charité généreuse, cette veuve et son fils ont été sauvés de la famine et de leur mort imminente.

Donc à chacun de nous de suivre l’exemple de la veuve de Sarepta : foi en Dieu et sa Parole, confiance dans ses promesses et générosité.

Je me souviens quand j’étais à l’école primaire : très rarement je recevais des bonbons de mes parents (car les bonbons étaient mauvais pour les dents et pour la santé, il y a 40 ans, mauvais, plus aujourd’hui : aujourd’hui les bonbons sont plein de vitamines, sans colorants et sans sucre ☺ … ) quand j’en avais reçu c’était pour partager. Je me souviens, au début, partager un grand sac de bonbons c’est amusant car on se fait des amis, on rend les autres heureux mais au fur et à mesure que le sac se vidait, je commençais à avoir peur, peur de voir le sac vide sans aucun bonbon pour moi. C’est cette peur qui rend difficile le partage.

Dieu nous invite à aller plus loin, à vaincre cette peur. Comme la sainte Mère Térésa de Calcutta répétait : « give until it hurts / Donnez, mais donnez jusqu’au point que cela fasse mal … Aimer veut dire avoir la volonté de donner au point que cela fasse mal »

Et il ne s’agit pas d’argent, il s’agit d’une attitude de vie. La générosité ne se définit pas par les quantités et les volumes mais la générosité se laisse mesurer par la qualité du cœur de celui qui donne. Donner le meilleur de soi-même, donner le meilleur de son temps, donner le meilleur de ses talents. Donner avec amour et le sourire, sans médiocrité, sans calculs mesquins, sans faire les choses à moitié.

Je vous invite cette semaine à poser 2 petites pièces rousses dans votre coin prière à la maison (au lieu de vous en débarrasser dans le panier de la quête 😊 ) : comme un rappel à la Parole de Dieu : savoir partager notre indigence, avoir un cœur détaché de nos biens en ayant la confiance en Dieu ; pour Dieu c’est l’amour avec lequel on donne qui compte.

Même quand je me sens très pauvre, pauvre en moyens, pauvre en talents et capacités, pauvre de temps, pauvre de santé, je peux offrir mes deux piécettes, mes deux centimes à Dieu avec beaucoup d’amour. Quand tu te considères trop petit ou trop faible pour faire quelque chose de grand dans ta vie, quand tu te trouves incapable de faire la différence et de changer le monde ou de changer le thermostat de notre planète, Jésus te dit aujourd’hui que oui, que tu en es capable : donne le peu que tu as ou que tu es avec tout ton amour. Cet amour touchera le divin cœur de Jésus et transformera le monde.

Jésus nous a montré l’exemple : Il s’est donné lui-même, totalement. Il est ce grand-prêtre qui n’a pas versé le sang d’un animal mais qui a versé son propre sang pour le sacrifice du pardon de tous les péchés sur la croix. Jésus ne s’est pas offert à moitié mais totalement, sans limites. Jésus ne connaît pas la médiocrité. Un Chrétien donne toujours le meilleur de lui-même. Et nous ? Et vous ?

Amen.

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