Homélie du Père Benoit -Solennité de l'Ascension

installation Père Benoit-13 "Nous faisons déjà des pas dans le ciel dans la mesure où nous nous approchons de Jésus."

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L’Ascension de Jésus dans le ciel. Le ciel, c’est quoi ? Pour l'amour du ciel, croyons-nous vraiment au ciel ? Souhaitons-nous vraiment le paradis ?

Le ciel est l'état de notre âme dans le plus grand bonheur. Un état de bonheur infini, illimité et absolu. Rien dans ce monde peut dépasser ce bonheur. Le ciel n'est pas seulement voir Dieu tel qu'Il est, face à face, mais le ciel est vivre en Dieu, être accueilli dans le sein de la Sainte Trinité, faire partie et entrer dans la dynamique amoureuse entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le contraire de toute monotonie ou l’éternel ennui.

Si nous pouvions faire une mini-expérience du paradis aujourd'hui, jeter un coup d'œil à travers le trou de la serrure de la porte céleste ou regarder la bande-annonce sur NetFlix présentant le ciel, alors la douleur de toutes les souffrances de notre vie deviendrait soudain supportable. Comme St. Paul nous avait déjà enseigné : « Il n’y a pas comparaison, il n’y a pas de proportion entre la grandeur du bonheur de la vie éternelle et les souffrances de la vie présente. »

 

Une histoire circule à propos d'un martyr en Angleterre sous le roi Henri VIII qui persécuta à mort les catholiques par "pendaison et écartèlement". Des soldats avaient pendu un catholique, mais quelque chose s'est mal passé avec le cordon, il s'est cassé et l'homme est tombé par terre. Mais le condamné s'est immédiatement levé et a commencé à crier haut et fort, "vite, vite, un nouveau cordon, dépêchez-vous." Les bourreaux ont répondu avec surprise : "Nous commandons ici, nous allons vous juger et décider comment et quand". La victime a répété : "Dépêchez-vous parce que si vous aviez vu ce que j'ai vu, vous voudriez prendre ma place." La grâce d’un clin d’œil derrière le rideau qui nous sépare du paradis.

 

Jésus, le Seigneur ressuscité avec son corps glorifié, a finalement donné à notre corps humain une place dans le ciel, en Dieu. Notre corps est élevé. Nous célébrons cela aujourd'hui. Dieu et l'homme sont unis pour toujours, pas seulement spirituellement mais d’âme et de corps.

 

Toute notre vie est comme un jeu d’approche vers ciel - Benoît XVI va plus loin : nous faisons déjà des pas dans le ciel dans la mesure où nous nous approchons de Jésus. L'amitié avec Jésus est notre navigateur vers le plein bonheur, vers le ciel.

 

Nous vivons cette amitié le plus fortement dans la Sainte Communion. Jésus qui veut entrer dans nos cœurs comme pain, comme nourriture spirituelle pour nous fortifier sur notre chemin de vie. L’Eucharistie est l’avant-goût du ciel, un « apéritif», l’apéro pour éveiller et augmenter notre faim et notre soif pour Dieu lui-même. L’hostie consacrée est ce coup d'œil à travers le trou de la serrure de la porte du ciel.

 

L’ascension n’est pas l’adieu de Jésus. Au contraire. Jésus nous laisse la promesse de rester avec nous jusqu’à la fin des temps et Il nous donne une mission : annoncer, baptiser !

 

Ce temps de déconfinement et la fête d’aujourd’hui nous invitent à faire une relecture des dernières 9 semaines : est-ce que le ciel, notre espérance dans la vie éternelle ont été présents dans la manière de gérer avec prudence et responsabilité la crise sanitaire ? Est-ce que notre foi dans la résurrection des morts a inspiré nos conseils, nos encouragements, consolations et actions ? Est-ce que l’ascension dans le ciel a tempéré et vaincu notre peur de la contagion et de la mort sans relativiser notre devoir de protéger notre prochain ?

 

Pour l'amour du ciel, croyons-nous vraiment au ciel ? Amen.

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