Homélie du Père Benoît - Vigile Pascale - dimanche 4 avril 2021

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Vous le savez : c'est le moment, l'heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. .... Rejetons les oeuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière.

De grand matin, le premier jour de la semaine, les saintes femmes se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Il y a 3 jours, le Jeudi Saint, la liturgie ajoutait une petite phrase au moment de l'institution de l'Eucharistie : la veille de sa passion, librement acceptée pour notre salut, "c'est-à-dire aujourd'hui !". Nous pouvons la répéter ce matin :

Très tôt le matin, le premier jour de la semaine, c'est-à-dire aujourd'hui, les femmes cherchent le crucifié mais trouvent son tombeau ouvert et vide. Nous aussi, comme les Maries, nous nous sommes levés de bonne heure, car notre coeur veut rencontrer Jésus ressuscité et nous le rencontrons d'abord dans cette belle liturgie.

 

Nous le rencontrons à l'aube, ce moment de séparation entre la nuit et le jour, entre les ténèbres et la lumière, comme nous l'avons entendu dans le récit de la création. Dieu sépare, comme notre archevêque l'a si bien expliqué ici dans notre église il y a 5 mois : Dieu sépare la lumière des ténèbres, le bien du mal. Jésus ressuscité est notre vrai soleil. Il a un rayon de lumière et de chaleur qui va droit au coeur de chaque être humain individuellement. Un rayon qui a le pouvoir de chasser les ténèbres qui oppriment les coeurs et les esprits. La crise Covid, ses restrictions sociales et ses peurs ont créé une explosion de maux et maladies psychiques. Nos psychologues sont surbookés. Aujourd'hui, Jésus ressuscité veut entrer avec sa lumière dans les esprits angoissés et troublés et leur donner sa paix. L'ange dit à nous tous : "ne soyez pas effrayés".

 

L'aurore, pour toutes les religions, est le moment de la première prière du jour. Nous voulons rendre grâce à Dieu et prendre un peu de temps pour le faire. Car Dieu nous a donné du temps et Il a voulu nous sauver en faisant histoire avec nous, en prenant du temps pour nous. Voilà le résumé de toutes les lectures que nous venons d'écouter. En faisant alliance avec son peuple, Dieu s'est laissé découvrir peu à peu selon la capacité de compréhension de l'homme à chaque instant de l'histoire (comme les parents vis-à-vis de leurs enfants, à chaque âge expliquer la réalité selon sa capacité de comprendre). 

Les femmes en route vers le tombeau se demandent : "qui nous roulera la pierre pour dégager le tombeau ?". Mais la pierre, pourtant très grande et lourde, était déjà roulée de côté. Par qui ? Par la force de Dieu, par la force de la résurrection, par la force du ressuscité lui-même.

Nous aussi, nous avons dans notre vie et dans notre monde des tombeaux que nous aimerions ouvrir mais avec des pierres trop lourdes et trop grandes à pouvoir ouvrir par nos seules forces humaines. Le monde connaît actuellement beaucoup trop de tombeaux avec des pierres trop lourdes à enlever par nos seuls moyens techniques ou humains. Un petit virus invisible s'est transformé en une pierre tombale écrasante que la force humaine, intelligente ou nucléaire n'arrive pas à éradiquer. Et ne parlons pas de l'augmentation de la violence, verbale ou physique, un peu partout.

Qui nous déroulera toutes ces pierres ? Ce matin, le Christ nous répond : MOI !

Lui qui est la Résurrection et la Vie est vivant dans son église pour ouvrir nos tombeaux personnels et les tombeaux du monde. Parfois des tombeaux à la lettre, la mort d'un être cher ou des tombeaux de masses du terrorisme, des guerres, de la famine.

Mais il y a aussi nos tombeaux plutôt figuratifs : des blessures, des conflits, des haines, des peurs, du désespoir, l'impossibilité de pardonner, toutes ces souffrances asphyxiantes qui se décomposent et pourrissent notre coeur et qui y restent étouffées par une lourde pierre qu'on n'arrive pas à faire sortir, à faire guérir. 

Il ne suffit pas que Jésus ouvre nos tombeaux si chacun de nous ne se décide pas aussi d'en sortir. Ce serait plutôt absurde de rester enfermé dans un tombeau ouvert. Comme les femmes, nous aussi, nous recevons une mission : "allez dire !". Allez dire au monde entier, à chaque enfant de Dieu, que le Crucifié est vraiment ressuscité et qu'il a vaincu la mort et le mal. A la fin de notre vigile, nous annoncerons cette nouvelle dingue en toutes langues ici présentes (même en langue des signes pour ceux qui feront les sourds car endormis vers la fin de cette longue vigile...)

 

 

Un couplet de l'Exultet, l'annonce de la pâque nous demande : "A quoi servirait de naître sans le bonheur d'être sauvé ?". Avec les mots de Saint Paul : si le Christ n'est pas ressuscité, notre foi est vaine. Traduit en langage d'aujourd'hui : si le Christ n'est pas ressuscité, notre foi est nulle, bidon ! Tout serait illusions, contes de fée pour des enfants.

Mais le Christ est ressuscité et sa lumière continue à briller, à donner couleur à la vie, à allumer l'espérance et à découvrir tant de belles choses, tant de bonnes personnes, les coeurs brûlants de charité qui font moins de bruit que les pierres tombales. Pensons seulement au 3600 catéchumènes baptisés cette Pâques en France!

L'annonce de l'incarnation et de la naissance de Jésus à la Vierge Marie trouve sa réalisation définitive dans l'annonce de la résurrection, la renaissance du Christ à son épouse, l'Eglise : Son règne n'aura pas de fin. Le Magnificat et l’exsultet chantent les merveilles du Seigneur!

 

Laissons la dernière parole à Saint Paul :

Vous le savez : c'est le moment, l'heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu'à l'époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les oeuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière.

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