Homélie du Père George - Dimanche 09 octobre 2022

Père GeorgeLe Seigneur veut que tu sois profondément heureux
et il veut que tu portes beaucoup de fruits,
que tu sois un ouvrier pour sa moisson.
Que feras-tu ?

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MERCI ! Aujourd’hui, Jésus nous invite tout simplement à dire « merci ».

Sacré Cœur de Bordeaux, Dimanche 09 octobre 2022

MERCI ! Aujourd’hui, Jésus nous invite tout simplement à dire « merci ». A avoir un cœur reconnaissant pour tant de choses reçues. On le répète tout le temps aux enfants, le mot magique : s’il te plait, merci, pardon. Mais est-ce que moi, adulte, je sais encore dire merci ? « Rendez grâce en toute circonstance » nous dit St Paul. Est-ce que je rends grâce au Seigneur pour ma famille, mes amis, la foi, la santé. Et même pour les difficultés, les problèmes, les tentations ? Oui, tout est grâce ! Le cœur de la liturgie d’aujourd’hui est la gratitude, et pour avoir un cœur reconnaissant, il faut – comme les enfants – être humble et faire confiance : Gratitude, humilité et confiance.

J’aimerais tout d’abord parler de la lèpre. Alors je sais pas si vous avez déjà vu un lépreux, mais ce n’est pas une maladie qui court les rues aujourd’hui. Pendant très longtemps la lèpre était un véritable fléau : pratiquement incurable, les lépreux étaient considérés impures, punis par Dieu, ils étaient bannis et rejetés de la société. Au son d’une petite cloche ou d’une cliquette, ils devaient signaler à tous leur présence afin que l’on puisse s’éloigner et ne pas être contaminé. On le voit dans l’évangile : « ils s’arrêtèrent à distance » (un peu comme on faisait avec le COVID…on gardait nos distances). Cette lèpre est une allégorie du péché : le péché qui nous divise, qui nous sépare de Dieu. Et trop souvent, on se tient loin de Dieu, « à distance », on a peur de montrer nos faiblesses, nos blessures…on a peur de montrer réellement qui on est ; mais Jésus veut s’approche de toi, il veut toucher ta misère, il veut te guérir…n’ai pas peur, laisse-toi faire, laisse-lui toucher tes plaies. Sois humble et laisse-le te guérir. Au début de chaque messe, tout comme les 10 lépreux, nous crions « Jésus, prend pitié de nous », mais ne nous tenons pas à distance, approchons-nous du cœur de Jésus, laissons-nous être touchés par sa miséricorde.

Les lépreux croyaient vraiment que Jésus pouvait les guérir. C’était presque impossible, mais la loi juive disait clairement que dans un tel cas il fallait aller se montrer aux prêtres pour attester cette guérison et réintégrer le lépreux dans la société. Jésus leur dit « allez vous montrer aux prêtres » …et ils y vont…sans avoir encore été guéris : ils font un acte de confiance, ils croient ! Est-ce que moi je crois que Dieu peut vraiment me guérir ? Est-ce que je crois que par le sacrement de la confession, Dieu me pardonne vraiment mes péchés ? Parce que oui, ils ont été guéris de la lèpre, mais le salut est bien plus que la santé : « va, ta foi ta sauvée » : c’est la foi qui sauve l’homme.

Tous ont été guéris ! Les 10 ont crus et avant même d’aller se montrer aux prêtres ils étaient guéris. Mais à un seul, Jésus déclare « relève-toi et va : ta foi t’a sauvé ». Un seul et revenu pour dire merci ! Et Jésus se demande : « les 9 autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ? » Un étranger. « C’était un Samaritain » insiste St Luc ; les Samaritain qui étaient méprisés par les juifs, considérés comme des étrangers, des païens qui avaient abandonné la vrai foi. Naaman dans la première lecture était lui aussi un étranger. Le Seigneur aujourd’hui t’interpelle : « A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ! » Ne nous sentons pas supérieur et meilleur que les autres. Aux pharisiens Jésus disait : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. »

Un seul donc vient rendre gloire à Dieu. Ça veut dire quoi « rendre gloire à Dieu » ? J’aime beaucoup une phrase de St Irénée de Lyon qui dit : « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ». C’est la vie en plénitude. Le Seigneur il veut que tu sois heureux, que tu profites de la vie, que tu sois rayonnant ; pas triste, déprimé, rancunier. A chaque fois que nous allons dans le sens de la vie, que nous allons à la rencontre de l’autre, que nous faisons le bien, nous rendons gloire à Dieu, parce que c’est pour cela qu’il nous a créé : pour aimer, être heureux, pour vivre la vie en plénitude ! Tout le contraire de la culture de la mort, de l’égoïsme que nous propose la société d’aujourd’hui ; « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ! »

Si nous pouvons comprendre que tout est don de Dieu – nous dit le Pape François – quel bonheur dans notre cœur ! Tout est donné par lui. Il est notre force ! Dire merci est si facile, et pourtant si difficile ! Combien de fois nous disons-nous merci en famille ? C’est un des mots-clés de la vie en commun. « S’il te plait », « pardon », « merci » : si dans une famille on se dit ces trois mots, la famille progresse. Combien de fois disons-nous « merci » en famille ? Combien de fois disons-nous merci à celui qui nous aide, nous est proche, nous accompagne dans la vie ? Souvent nous tenons tout pour acquis ! Et cela arrive aussi avec Dieu. C’est facile d’aller chez le Seigneur demander quelque chose, mais aller le remercier : « Bah, je n’y pense pas ». (Pape François, 13 octobre 2013)



Ayons donc un cœur plein de gratitude. A la fin de la messe nous ferons l’envoi en mission et la bénédiction des responsables de service de la paroisse. Je vous invite maintenant à prendre quelques instants pour regarder la feuille qui vous a été donnée au début de la messe et pour la remplir. Nous avons tous beaucoup reçu…sommes-nous capables de donner ? Chacun selon sa disponibilité, ses talents, sa santé, sa famille. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement !

Amen.

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