Homélie Père Benoît - Dimanche 6 septembre 2020

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« Je fais de vous les guetteurs pour le monde actuel. »

« Je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. » ainsi le prophète Ézéchiel a été appelé par Dieu. Mais Dieu appelle aujourd’hui chacun de nous de la même manière : « Je fais de vous les guetteurs pour le monde actuel. » Des guetteurs, ces personnes sur un navire, tout en haut dans le mât, chargés de l'observation de la mer. Ils doivent obligatoirement dire tout ce qu'ils voient ou entendent, les belles choses mais surtout les dangers, ils doivent informer le capitaine.

 

Les Pères de l’Église présentent l’église justement comme un navire. Une barque qui a comme capitaine l’apôtre Saint Pierre, le premier Pape. Aujourd’hui c’est le Pape François qui dirige la barque, qui tient la barre dans ses mains. Nous tous, nous sommes appelés à être des guetteurs, à monter dans les mâts de la société actuelle. Cela veut dire être attentifs autour de nous. Jésus nous oblige à observer tout ce que nous voyons ou écoutons, le bien et le mal. Le contraire de vivre totalement centrés sur nous-mêmes, enfermés des autres, vivre totalement centré sur son téléphone ou sur un autre écran ayant les oreilles bouchées tout le temps avec un casque ou des oreillettes …

Pas seulement l’église, mais toute l’humanité. Nous sommes devenus comme les passagers et le personnel de bord d’un seul navire. Nous passons les mêmes tempêtes, les mêmes pandémies et les mêmes zones ou moments de beau temps, calme et paix ou de canicule et de sécheresse. Pour cela nous partageons la responsabilité de l’un pour l’autre. Pour cela Jésus invite aussi à la correction fraternelle, je dis bien fraternelle (pas la correction belle mère, belle fille … ) : si le comportement mauvais d’un équipier fait des dégâts au bateau, nous avons le devoir de le corriger et de l’empêcher pour éviter des fuites et que notre bateau coule !
(une caricature qui circule : un petit bateau mouche en bois avec des places pour les touristes, on voit les touristes acheter leur ticket et prendre leur place, bien loin des rivages un touriste se met de bout, sort sa perceuse et commence à percer un trou là où est sa place,. Tous les autres touristes se jettent sur lui pour l’en empêcher . Mais lui, il dit : c’est ma place que j’ai payée cher donc je fais ce que je veux … voici la mentalité actuelle ; et une correction fraternelle serait : eh bien, non, tu ne feras pas ce que tu veux, tu ne feras pas le mal ! … )

Le comportement mauvais d’un équipier fait aussi mal à lui-même. Faisant le mal, l’être humain ne peut pas trouver le bonheur car il est créé pour faire le bien. Saint Paul vient de nous le dire : « Votre seule dette est celle de l’amour mutuel. L’amour ne fait rien de mal au prochain. »

Si nous aimons vraiment quelqu’un, nous cherchons le meilleur pour lui, nous essayons de l’aider pour qu’il devienne la meilleure personne possible. Les parents qui aiment leurs enfants, éduquent leurs enfants et doivent les corriger pour leur propre bien, parfois une juste punition est le dernier recours. Par contre, ces parents, très à la mode aujourd’hui, qui systématiquement prennent la défense de leur petit « ange » vis-à-vis des méchants éducateurs, instituteurs et directeurs d’école qui n’ont rien compris et qui ont osé corriger leur petit bonhomme parfait ou surdoué : ces parents font beaucoup de tort à leur enfant. (j’ai dit systématiquement, car il y a toujours des exceptions, les profs ne sont pas infaillibles … )

 

Pas facile la correction fraternelle qui exige une intention pure et une grande confiance mutuelle : la seule chose que je cherche c’est le bien de mon frère et de la communauté. Ce n’est pas juger la personne ou les intentions de la personne qui a fait du mal, ce n’est pas un moment de revanche, de chercher sa propre justice, de régler ses comptes ou de laisser la vapeur de ses propres agacements. Non. Pas du tout.

Un premier pas c’est se parler face à face, calmement, discrètement, sans passion mais avec douceur et compassion. Comme nous avons peur de nous parler franc !  Mais pourquoi avoir peur, pourquoi ne pas d’abord se parler et surtout s’écouter ? Ah, l’écoute ! Tant de conflits pourraient se résoudre si nous apprenions à nous écouter, mais vraiment écouter : essayer de comprendre l’autre !

 

Jésus nous dit dans l’Évangile : « si deux d’entre vous se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père car quand 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » C’est pour cela que nous devons faire appel à 1 ou 2 témoins ou à toute la communauté si un frère persiste dans le mal, s’il refuse d’écouter et de se corriger. C’est pour rassurer la présence de Jésus ressuscité avec sa miséricorde. Mettons-nous donc d’accord pour demander les conversions nécessaires, car Jésus nous promet que nous les obtiendrons du Père.

 

Ne laissons pas le concept et la mission de guetteurs aux banlieues du trafic de drogue mais soyons, nous, les baptisés, de vrais guetteurs de l’aube, des sentinelles d’espérance pour nos frères et sœurs dans un monde qui meurt par manque d’espérance.

Jésus est vivant, Il nous a déjà sauvé. Amen.

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